Le Vietnam a accueilli plus de 3,2 millions de touristes étrangers ce premier trimestre, soit une croissance de 29% sur un an. Le nombre de touristes chinois notamment, a fortement augmenté avec 2,7 millions de personnes en 2016. Cette croissance s’accompagne d’une augmentation des circuits bon marché, ainsi que de tours à zéro dông.

En 2016, les touristes chinois ont choisi pour l’essentiel des vols charter pour aller au Vietnam. Mais, cette année, ils voyagent davantage en train ou en voiture.

La face cachée des circuits à zéro dông

Selon l’Administration nationale du tourisme du Vietnam (ANTV), dans le cadre de tours à bas prix ou à zéro dông, les voyageurs chinois payent des prix plus bas pour leur billet d’avion (ou de train, d’auto), le visa, les services et programmes touristiques. Les voyagistes vietnamiens ne font aucun chiffre d’affaires, voire subissent des pertes car ils doivent, en outre, payer des commissions à leurs homologues chinois.

Concrètement, le voyage se passe de la façon suivante : le voyagiste chinois amène ses clients à la porte-frontière de Mong Cai, province de Quang Ninh (Nord), où ils présentent les zones de loisir et les centres commerciaux locaux. N’étant pas autorisés à accueillir ou à amener des touristes au Vietnam selon la réglementation, ces voyagistes chinois coopèrent avec des agences vietnamiennes afin d’accueillir leurs clients.

Depuis 2016, de plus en plus de Chinois voyagent dans le cadre de tels circuits vers des destinations réputées comme Nha Trang, Phu Quôc, Quang Ninh, durant lesquels ils sont invités à faire du shopping, à des prix indécents.

Ces tours à bas prix ou à zéro dông ont une incidence directe et certaine sur la qualité, et surtout, sur l’image du tourisme vietnamien.

«Des entreprises lancent des produits touristiques à bas prix ou à zéro dông pour attirer davantage de clients sans s’intéresser à la qualité des services. Quelques guides amènent des touristes chinois dans des zones de loisir ou des centres commerciaux afin de réaliser des profits. C’est pourquoi il faut prendre des mesures strictes, en sanctionnant notamment sévèrement ces entreprises», a déclaré un représentant d’une agence de voyage de la province de Quang Ninh.

Lutter contre les circuits de mauvaise qualité

Devant le développement croissant de tels circuits à Nha Trang, Phu Quôc et Dà Nang, et plus encore à Quang Ninh, le Premier ministre Nguyên Xuân Phuc a demandé aux autorités provinciales d’effectuer des contrôles et de prendre, s’il le faut, les sanctions qui s’imposent.

Ainsi, déjà, le Comité d’inspection du Service du tourisme de Quang Ninh a sanctionné d’une amende de 2,5 millions de dôngs la Compagnie par actions du tourisme du Vietnam du district de Bai Chay, ville de Ha Long, et retiré la licence commerciale au service du tourisme international pendant un an.

Par ailleurs, il faut réglementer le prix des produits et des services touristiques, et veiller à effectuer des contrôles d’origine et de qualité de ceux-ci afin d’éviter les produits contrefaits ou prohibés.

Parallèlement, chaque province ou ville doit créer un centre de soutien des touristes afin d’aider les visiteurs à obtenir des informations touristiques, grâce à des hotlines en langue étrangère comme chinois, japonais ou russe.

Selon les statistiques, durant le seul mois de mars dernier, le pays a accueilli plus d’un million de touristes, en hausse de 21,2% sur un an. Dès le début de 2017, le secteur du tourisme a activement participé à des activités de promotion et de coopération à l’étranger. Le Vietnam a participé à l’Année de coopération au tourisme ASEAN-Chine 2017, qui a eu lieu du 15 au 17 mars aux Philippines, un événement qui contribuait à promouvoir les échanges de touristes.

Lors de cet événement, le directeur général de l’ANTV,­ Nguyên Van Tuân, et son homologue chinois Li Jinzao, se sont rencontrés pour promouvoir les relations de coopération bilatérale dans ce secteur.

La Chine est le plus important marché touristique du Vietnam. Le nombre de touristes chinois au Vietnam a connu une forte hausse avec 2,7 millions de personnes en 2016, soit une croissance de 51% en un an, tandis que le nombre de touristes vietnamiens en Chine a atteint 2,2 millions de personnes.

C’est pourquoi, on applique toujours des politiques convenables en matière de visa ou de programme de promotion du tourisme pour séduire les touristes chinois dont les tours pas chers. Et le Vietnam doit aussi bien comprendre la nature de ces tours et en faisant également tous les efforts pour s’adapter à la tendance actuelle dans le monde. En particulier, il faut assurer la qualité des produits touristiques.

Par Thu Huong - Le Courrier du Vietnam - 13 Avril 2017