Une douzaine de policiers ont été pris en otages samedi par des villageois près de Hanoï dans le cadre d'un conflit foncier. Cette rare manifestation de contestation des autorités communistes s'est produite dans le district de My Duc, près de la capitale. Tout a débuté samedi lors de heurts entre les autorités et des habitants de plusieurs villages qui protestaient contre la saisie qu'ils considèrent illégale de terres leur appartenant pour les vendre à une entreprise de télécommunications appartenant à l'armée.

Des images circulant sur les réseaux sociaux montraient au moins une douzaine de personnes en uniforme retenues.

"Situation tendue". "Les habitants disent qu'ils n'ont pas l'intention de relâcher les otages tant que le gouvernement central ne sera pas intervenu", a déclaré sur les lieux dimanche un protestataire, La Viet Dung. "Les villageois ont bouclé leurs villages. Personne ne peut entrer ni sortir. La police cerne le secteur, empêchant l'accès de la presse. La situation est tendue", a-t-il dit.

Des tirs en l'air ont été entendus samedi lors des heurts et "certains habitants ont été interpellés par la police", a indiqué un habitant de My Duc, sous le couvert de l'anonymat. Les autorités refusaient dimanche de commenter la situation.

Radio Europe 1 - 16 avril 2017


Vietnam : des policiers retenus en otage par des villageois en colère

Au Vietnam, dans le village de Dong Tam à proximité de Hanoi, au moins une douzaine de policiers ont été retenus en otages dimanche 16 avril par des villageois en colère qui protestent contre la confiscation de leurs terres par l’armée. Les autorités ont lancé un appel au calme mais il semblerait que la prise d’otages soit toujours en cours.

Des policiers obligés de reculer devant les jets de pierre des habitants, des scènes d’émeutes… Ces images, très rares dans ce pays communiste qu’est le Vietnam, ont été largement reprises et commentées sur les réseaux sociaux. Mais ce qui a le plus marqué les esprits, ce sont sans doute ces policiers, une douzaine, retenus en otage dans un gymnase.

Sur une photo, on les voit se reposer - manifestement ils ne sont pas maltraités - ils peuvent même utiliser leurs téléphones pour appeler leur famille. Un activiste explique sur Twitter que les villageois auraient proposés d’échanger leurs otages contre une quinzaine de fermiers arrêtés par la police.

Des expropriations fréquentes

A l’origine de leur colère, la décision prise par les autorités de confisquer leurs terres au profit d’une société de télécommunication, Viettel, détenue par l’armée. Au Vietnam, toutes les terres appartiennent à l’Etat et il arrive fréquemment que les autorités confisquent des terrains pour ensuite y mener de juteuses opérations immobilières.

Les paysans ont alors droit à des indemnisations mais elles sont loin de couvrir la valeur réelle de leurs terres et ils perdent leur moyen de subsistance. Dans un pays qui contrôle étroitement la liberté d’expression, les révoltes sont rares mais poussés au désespoir, certains habitants sont prêts à tout pour défendre leurs terres. En 2012, dans une affaire restée célèbre, un pêcheur avait ainsi blessé 7 policiers avant d’être condamné à cinq années de prison.

Par Frédéric Noir - Radio France Internationale - 17 Avril 2017