Il est accusé de malversations alors qu’il occupait des fonctions au sein de la compagnie pétrolière nationale. Ce geste fort, officiellement au nom de la lutte anti-corruption, s’inscrit également dans le cadre des luttes intestines au sommet de l’Etat vietnamien.

C’était l’un des principaux cadres du Parti, un homme connu du public pour son caractère bien trempé. Chef du Parti communiste à Hô-Chi-Minh-Ville, ancien ministre des Transports et responsable d’importantes entreprises publiques, l’homme est parvenu au sommet de l’Etat en 2016, lorsqu'il a accédé au Graal de la politique au Vietnam : le Politburo.

Il s'agit de l’organe fort du pays, dirigé d’une main ferme par le secrétaire général Nguyen Phu Trong. C’est ce même politburo qui a donné le coup de grâce à ce haut responsable déchu en ordonnant son limogeage. Une décision rare dans ce pays où règne le Parti unique. Depuis 1986, seuls deux autres membres du Politburo avaient jusque-là été limogés.

Que lui est-il reproché ? D'abord d’être responsable d’un certain nombre de projets illégaux. Mais aussi et surtout d’avoir causé des pertes immenses a PetroVietnam, la compagnie pétrolière phare du pays, en concédant sans autorisation des prêts à une banque privée connue depuis pour ses malversations et dont les principaux dirigeants ont été arrêtés en 2014.

Dinh La Thang est également connu pour ses liens étroits avec la banque d’affaires américaine Morgan Stanley, au seine de laquelle sa fille occupe d’importantes fonctions.

Pour ses partisans, il s’agit d’une décision politique visant a écarter l’une des étoiles montantes du parti. Officiellement, ce limogeage s’inscrit dans le cadre d’une politique anti-corruption. Il s’agit aussi d’envoyer un signal fort aux dirigeants d’entreprises publiques dont les scandales a répétition rongent la confiance dans les autorités et fragilise la croissance du pays.

Par Frédéric Noir - Radio France Internationale - 9 mai 2017