"Je ne m'excuserai pas... Il y a des combats partout et ce sont les soldats de base qui se font tuer tandis que les chefs restent derrière leurs bureaux", a insisté mercredi l'un des deux journalistes, Kyaw Swa Naing, interrogé par l'AFP.

L'article en question, publié dans le journal The Voice fin mars, s'en prend à un film de propagande de l'armée qui promeut les victoires de l'armée sur les groupes rebelles ethniques, nombreux à combattre les troupes à travers le pays.

Les hauts responsables de l'armée y sont décrits buvant du vin et discutant à la table des négociations, tandis que les soldats de base se font tuer au combat. Kyaw Swa Naing et son rédacteur en chef doivent se présenter jeudi à la police, qui a reçu une plainte officielle de l'armée - et pourraient être placés en détention.

Myint Kyaw, du Conseil de la presse de Birmanie, un organe indépendant chargé d'arbitrer les conflits médiatiques, a expliqué que l'armée trouvait que l'article risquait de créer des "divisions" entre gradés et soldats. Cette affaire survient à quelques jours de l'ouverture à Naypyidaw, la capitale administrative birmane, d'une nouvelle série de négociations de paix entre l'armée et les groupes rebelles ethniques.

Malgré l'arrivée au pouvoir d'Aung San Suu Kyi, après des décennies de dictature militaire, les procédures judiciaires contre les voix critiques montent en flèche.

En janvier, neuf étudiants ont été inculpés pour diffamation pour une pièce de théâtre tournant en ridicule les militaires. Et en septembre 2016, un homme a été emprisonné et poursuivi pour avoir traité de "fou" sur Facebook le président civil birman, un ami et allié d'Aung San Suu Kyi.

Agence France Presse - 22 mai 2017