Total accélère un peu plus dans le gaz. Mardi, la compagnie française a annoncé le démarrage du projet Badamyar, situé au large des côtes de la Birmanie, à environ 220 kilomètres au sud de Rangoon. Grâce à ce gisement, le groupe va pouvoir prolonger au-delà de 2020 le plateau de production du champ gazier de Yadana qui s'élève à 8 milliards de mètres cubes par an, a-t-il annoncé dans un communiqué.

Total, qui précise que le démarrage de ce nouveau projet s'est fait conformément au calendrier initial, se félicite également que les coûts aient été réduits de 20% par rapport au devis initial. C'est le fruit d'une stricte discipline sur les dépenses entamée il y a plus deux ans. La compagnie française rappelle ainsi que de manière générale ses coûts de production ont été abaissés à 5,9 dollars le baril en 2016, contre 9,9 dollars en 2014.

Maîtrise financière

Badamyar n'est pas le seul projet de Total où cette maîtrise financière se révèle aussi efficace. L'industriel met également en exergue le champ ultra-profond de Zinia 2 - au large de l'Angola - dont les coûts en amont ont été quasiment divisés par deux en deux ans, grâce non seulement aux effort sur le design des installations mais aussi à la pression exercée sur les fournisseurs d'équipements. Sur Badamyar proprement dit, Total souligne que la réduction des coûts a été possible «grâce aux efforts d'optimisation de la coordination des équipes et à la baisse des coûts et des délais des forages».

Opérateur du projet Badamyar avec une participation de 31,2%, Total est présent dans ce pays depuis 2012. À l'heure actuelle, les deux blocs M5 et M6 assurent la moitié de la consommation de gaz de la Birmanie et environ 12% de celle de son voisin thaïlandais. Ces chiffres sont très significatifs dans une région où l'ancrage de Total avait valu un lot important de polémiques, de nombreux observateurs reprochant au groupe français son dialogue avec le pouvoir autoritaire de Rangoon. La situation a aujourd'hui évolué dans le sens de l'apaisement.

Par Frédéric De Monicault - Le Figaro - 2 mai 2017