L'organisation de défense des droits de l'homme a demandé la libération immédiate du garçon de 14 ans, originaire du nord du pays, qui serait incarcéré avec ses camarades depuis le 15 mai "sans aucune protection efficace contre les abus et les mauvais traitements".

Interrogées par l'AFP, l'armée, au pouvoir dans le pays depuis trois ans, et la police thaïlandaise ont refusé de répondre aux questions.

"Aucun des quatre jeunes arrêtés ne devrait être privé de l'accès à un juge et être placé en détention militaire au secret, quelle que soit l'accusation contre eux", a dénoncé Brad Adams, directeur pour Human Rights Watch en Asie.

Ces dernières semaines, la police a procédé à l'arrestation de plusieurs groupes accusés d'avoir diffamé la famille royale.

Début mai, un avocat thaïlandais spécialiste des droits de l'homme a été inculpé pour dix accusations de diffamation: il risque jusqu'à 150 années d'emprisonnement.

Connue sous le nom d'"article 112", la très stricte loi thaïlandaise sur le lèse-majesté prévoit de 3 à 15 ans de prison pour quiconque diffame le roi, la reine, son héritier ou le régent.

Les rares médias, y compris internationaux, qui évoquent ces affaires ne donnent aucun détail des accusations, de crainte de tomber eux-mêmes sous le coup de la loi.

Les arrestations et les condamnations peuvent être racontées mais pas les détails des accusations car cela peut être considéré comme une violation de la loi.

Ces dernières semaines, la Thaïlande a obtenu le retrait par Facebook de plus de 200 pages jugées diffamatoires pour la famille royale sur un total de 300 pages identifiées par les autorités, qui avaient menacé de bloquer le réseau dans le pays.

Depuis l'arrivée au pouvoir des militaires après un coup d'Etat en mai 2014, les poursuites pour crime de lèse-majesté se sont multipliées et les sanctions alourdies. Une centaine de personnes sont derrière les barreaux pour ce crime, d'après la Fédération internationale des droits de l'homme (FIDH).

Agence France Presse - 24 mai 2017