Les membres de ce mouvement antimusulman ont changé le nom de leur organisation, tout en refusant de cesser leurs activités, comme demandé par la hiérarchie bouddhiste officielle.

Il y a quelques jours, les chefs de l’Eglise bouddhique de Birmanie avaient finalement franchi le pas. Ils avaient ordonné au mouvement Ma Ba Tha de cesser toutes ses activités. Depuis plus de cinq ans, Ma Ba Tha mène des campagnes ultra-nationalistes, ciblant souvent la minorité musulmane, des campagnes qui la plupart du temps dérivent dans la violence.

Les moines bouddhiques leaders du mouvement n’ont pas obtempéré. Au contraire, ils se sont réunis avec leurs partisans et ils ont proclamé qu’ils allaient poursuivre leur campagne nationaliste, à une différence près : l’organisation va désormais prendre le nom de fondation philanthropique Buddhadhamma. Une appellation moins inquiétante que Ma Ba Tha, qui signifie l’association pour la protection de la race et de la religion.

Autre signe qui montre que les membres du mouvement ne comptent pas être marginalisés, le moine Wirathu, connu pour ses sermons extrémistes, a pris la parole lors de ce rassemblement. Le clergé lui avait pourtant interdit de parler en public. Les raids du mouvement contre des cérémonies musulmanes et des mosquées se sont multipliés ces derniers mois.

Par Arnaud Dubus - Radio France Internationale - 28 mai 2017