Un objectif qui ne semblait pas être prioritaire pour le Premier ministre Justin Trudeau qui a plutôt mis en avant les droits de l'Homme et la démocratie en accueillant l'ancienne dissidente et prix Nobel de la paix. "Les questions de gouvernance, de démocratie, de droits de l'Homme" sont, selon Justin Trudeau, les thèmes au menu des entretiens entre les deux dirigeants comme l'aide du Canada à Aung San Suu Kyi "dans ses responsabilités envers les Birmans". "Je suis heureuse d'être ici en particulier pour étudier le fédéralisme canadien, parce que c'est ce vers quoi nous essayons d'aller", lui a répondu la dirigeante birmane.

Fin mai, en amorçant de nouveaux pourparlers de paix visant à mettre fin aux nombreux conflits civils, Aung San Suu Kyi avait jugé que la Birmanie était au stade où les principes fédéraux pouvaient être abordés. Depuis son indépendance en 1948, la Birmanie, où vivent plus de 130 ethnies différentes, est confrontée à des soulèvements de groupes qui réclament plus d'autonomie. Arrivée au pouvoir fin mars 2016 après des élections historiques, l'ancienne dissidente a promis de faire du processus de paix sa grande priorité. "Nous essayons de créer une union fédérale démocratique", a assuré Aung San Suu Kyi aux côtés de Justin Trudeau. "C'est donc la raison principale pour laquelle je suis ici au Canada", a-t-elle insisté en rappelant que le Canada lui avait accordé la citoyenneté d'honneur en 2007 alors qu'elle était emprisonnée dans son pays.

Ce privilège n'a été octroyé qu'à cinq autres personnalités parmi lesquelles Nelson Mandela, le Dalaï Lama ou encore Malala Yousafzai.

Le Figaro avec Agence France Presse - 7 Juin 2017