Un réalisateur australien controversé, arrêté samedi dernier au Cambodge après avoir couvert une manifestation d'opposition à l'aide d'un drone, a été mis en examen vendredi pour "espionnage".

"James Ricketson a été mis en examen pour avoir collecté des informations susceptible de menacer la sécurité nationale", a annoncé le porte-parole du tribunal de Phnom Penh en charge de l'affaire, Ly Sophana.

Agé de 68 ans, il risque jusqu'à dix ans de prison s'il est reconnu coupable en vertu de l'article 446 du code pénal, relatif à "la trahison et l'espionnage".

Il a filmé vendredi dernier avec un drone une grande manifestation de l'opposition, deux jours avant des élections municipales vues comme un test avant les législatives de 2018. L'usage des drones dans la capitale, Phnom Penh, est interdit, à moins d'une autorisation officielle, mais le tribunal n'a pas précisé si l'usage du drone était ce qui motivait l'accusation d'espionnage.

Déjà connu de la justice cambodgienne

Ce n'est pas la première fois que ce réalisateur se retrouve confronté à la justice cambodgienne: en 2014 il avait été condamné à deux ans de prison avec sursis pour avoir accusé une église de Brisbane œuvrant au Cambodge d'y avoir vendu des enfants.

L'an dernier, le même tribunal l'a reconnu coupable de diffamation envers une ONG traquant les pédophiles au Cambodge, Action pour les enfants (APLE).

Il avait alors été condamné à payer une simple amende. Mais avec aujourd'hui une accusation d'espionnage, il y a de fortes chances que la justice le maintienne en détention jusqu'à son procès.

Agence France Presse - 9 juin 2017