Nguyen Ngoc Nhu Quynh, 37 ans, qui s'était souvent exprimée sur son blog sur les scandales environnementaux récents et les droits de l'homme dans son pays, avait été arrêtée en octobre 2016.

Après une journée de procès à huis clos dans le centre du pays communiste, le tribunal a estimé qu'elle avait nui à l'unité nationale, érodé la confiance populaire dans le gouvernement et sapé la sécurité nationale.

Nguyen Kha Thanh, son avocat, a qualifié auprès de l'AFP la peine de "sévère" et s'est dit "mécontent du résultat" ajoutant qu'elle était susceptible de faire appel.

Avant le verdict, Quynh qui est restée calme tout au long du procès, a envoyé un message à ses deux enfants et à sa mère.

"Elle s'est excusée auprès de sa mère et des deux enfants pour les conséquences que cela a eu sur eux mais leur a dit qu'ils devaient être très fiers d'elle", a déclaré Thanh à l'AFP.

Les journalistes de l'AFP n'ont pas été autorisés à assister au procès dans la province de Khanh Hoa, mais d'après les images qui circulaient sur les réseaux sociaux de nombreux policiers avaient été placés autour du tribunal.

Avant l'ouverture des débats, Human Rights Watch avait parlé de procès "scandaleux".

"Le scandale ici n'est pas ce qu'a dit Mère champignon mais le refus obstiné d'Hanoï d'abroger des lois draconiennes et abusives qui punissent la dissidence pacifique et ternissent la réputation internationale du Vietnam", a déclaré Phil Robertson, directeur adjoint de HRW en Asie, dans un communiqué mercredi.

Les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et l'Union européenne avaient tous appelé à la libération de Quynh.

Pour Le Thi Thu Hang, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères du pays, "tous les actes qui violent la loi seront sérieusement punis conformément aux lois vietnamiennes".

Quynh, dont le surnom est un jeu de mots avec son nom en vietnamien, a reçu en mars un prix international du département d'Etat américain, le "Woman of Courage Award". Le Vietnam avait alors estimé que ce n'était "pas approprié" et "pas susceptible de permettre le développement des relations entre les deux pays".

Dimanche, un blogueur dissident franco-vietnamien a été renvoyé en France après avoir été privé de sa nationalité vietnamienne et expulsé par le régime à parti unique.

Le Vietnam est un pays où les opposants sont fréquemment emprisonnés, mais Pham Minh Hoang, 62 ans, est le premier dissident de l'histoire récente à se voir retirer sa nationalité vietnamienne.

Agence France Presse - 29 Juin 2017