"Cinq hommes trois journalistes et leurs deux chauffeurs ont été inculpés cet après-midi en vertu de l'article 17/1 de la loi sur les associations illégales", qui punit de jusqu'à trois ans de prison quiconque a le moindre contact avec un groupe rebelle, a indiqué à l'AFP un policier sous couvert d'anonymat.

Ils ont été écroués à la prison de Hsipaw, dans l'Etat Shan (est), dans l'attente de leur procès, a-t-il ajouté.

Les trois journalistes avaient été arrêtés lundi alors qu'ils rentraient d'une opération antidrogue organisée par l'Armée nationale ta'ang de libération (TNLA), un groupe armé ethnique de l'Etat Shan, au cours de laquelle plusieurs tonnes de stupéfiants avaient été brûlées en public dans le cadre de la journée mondiale contre le narcotrafic organisée par l'ONU.

La "loi sur les associations illégales", en vertu de laquelle les trois journalistes ont été inculpés, avait été adoptée par la junte militaire birmane pendant son demi-siècle au pouvoir pour réduire au silence toute dissidence.

Les poursuites contre les médias critiques se sont multipliées en Birmanie ces derniers mois, malgré l'arrivée au pouvoir il y a un peu plus d'un an du parti de l'ancienne opposante Aung San Suu Kyi après des décennies de dictature militaire.

Les trois journalistes travaillent pour le site internet The Irrawaddy et l'organisation de radio et télévision Democratic Voice of Burma (DVB), deux médias qui ont défié la junte pendant des années en publiant des informations indépendantes depuis l'étranger.

Steven Butler, coordinateur du Comité pour la protection des journalistes en Asie, a qualifié ces arrestations d'"affront à la démocratie".

Agence France Presse - 28 Juin 2017