Dans ce pays communiste d'Asie du Sud-Est, les opposants sont fréquemment emprisonnés mais, d'après les défenseurs des droits de l'homme, l'arrivée de nouveaux leaders l'an passé a encore durci le climat.

Il n'a fallu qu'une journée au tribunal de la province d'Ha Nam pour condamner Tran Thi Nga, 40 ans. Des dizaines de personnes s'étaient rassemblées devant le bâtiment, lourdement gardé par la police, pour la soutenir. Beaucoup étaient munies de pancartes demandant sa libération.

Elle a été reconnue coupable de propagande antiétatique pour des articles et des vidéos postés sur le net. Dans ces publications, elle accuse "l'Etat communiste de violer les droits de l'homme et appelle au pluralisme" en demandant la suppression du parti unique, a estimé la cour.

"Le verdict du tribunal qui a condamné ma cliente était préparé d'avance", a déclaré son avocat, Ha Huy Son, qui estime les accusations "sans fondement".

Arrêtée en janvier, cette dernière était surtout connue pour son activisme antichinois, souhaitant voir le Vietnam se défendre contre son puissant voisin communiste et ses velléités en mer de Chine méridionale notamment. Elle avait aussi récemment protesté contre la gestion par le gouvernement d'une immense pollution maritime dans le centre du pays, en avril 2016.

Fin juin, une autre dissidente et blogueuse, connue sous le nom de Me Nam ou "Mère champignon", avait été condamnée à dix ans de prison également pour propagande antiétatique, malgré une campagne internationale appelant à sa libération. Quelques jours auparavant, un blogueur dissident franco-vietnamien avait été renvoyé en France après avoir été privé de sa nationalité vietnamienne et expulsé par le régime. Il est le premier dissident de l'histoire récente à se voir retirer sa nationalité vietnamienne.

Le Figaro avec Agence France Presse - 25 Juillet 2017