Celle-ci est accusée de négligence dans l’exercice de ses fonctions quand elle était au pouvoir, parce qu’elle avait initié un programme de subvention rizicole. Un programme qui avait causé des dommages financiers de l’ordre de 5 milliards d’euros à l’Etat. L’ancienne Première ministre, renversée par un coup d’Etat, il y a trois ans, dit être victime d’un jeu politique.

Environ un millier de ses partisans l’attendaient devant le tribunal, des bouquets de fleurs à la main et lui criant « bats-toi ». Un rassemblement sous forte surveillance policière, qui s’est tenu malgré les avertissements de la junte au pouvoir. Une fois devant les juges, Yingluck a parlé durant une heure, parfois combative, parfois les larmes aux yeux.

Elle s’est défendue de toute malhonnêteté ou négligence dans l’application du programme de subvention. Ce programme consistait à acheter le riz aux paysans à des prix très supérieurs à ceux du marché entre 2011 et 2014. Ce qui a provoqué des pertes financières colossales, car le riz n’a pas pu être écoulé sur le marché international.

L’argument clé de l’ancienne cheffe de gouvernement est que cette politique a bénéficié à des millions de riziculteurs thaïlandais, souvent les laissés pour compte dans une société particulièrement inégalitaire. Yingluck a aussi mis en cause directement le chef de la junte et Premier ministre, le général Prayuth Chan-ocha. Elle l’a accusé d’être derrière ce qu’elle considère être un acharnement juridique à son encontre. Une accusation dont le général Prayuth se défend, en s’abritant derrière le principe d’indépendance des juges.

Par Arnaud Dubus - Radio France Internationale - 1er Août 2017