Selon le ministère de la Police, Trinh Xuân Thanh s'est livré à la police au Vietnam le 31 juillet et les autorités compétentes du Vietnam enquêtent sur l'affaire, a déclaré Lê Thi Thu Hang.

"Le Vietnam prend toujours en considération et veut maintenir et développer le partenariat stratégique avec l'Allemagne", a conclu la porte-parole du ministère vietnamien des AE, Lê Thi Thu Hang.

Le 16 septembre 2016, l'agence de police d’enquête du ministère de la Police a décidé de poursuivre en justice Trinh Xuân Thanh, ancien président du conseil d’administration de PetroVietnam Construction Joint Stock Corporation (PVC), pour «actes volontaires contraires aux réglementations de l’État relatives à la gestion économique, causant de graves conséquences», causant une perte de près de 3.300 milliards de dôngs (142 millions d’USD) chez PVC, et ordonné sa mise en détention provisoire et la perquisition à son domicile.

Après avoir constaté que Trinh Xuân Thanh avait fui à l'étranger, le ministère de la Police a décidé de diffuser un mandat d'arrêt national et international.

Agence Vietnamienne d'Information - 4 Août 2017

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Trinh Xuân Thanh, ancien président de PVC, se rend à la police

Trinh Xuân Thanh, ancien président du conseil d’administration de PetroVietnam Construction Joint Stock Corporation (PVC), s'est livré à l'agence de police d’enquête du ministère de la Sécurité publique après près d'un an de fuite au mandat d'arrêt international, a annoncé lundi 31 juillet le ministère de la Police.

Auparavant, le 16 septembre, l'agence de police d’enquête du ministère de la Police a décidé de poursuivre en justice Trinh Xuân Thanh pour «actes volontaires contraires aux réglementations de l’État relatives à la gestion économique, causant de graves conséquences», provoquant une perte de près de 3.300 milliards de dôngs (142 millions de dollars) chez PVC du groupe national du pétrole et du gaz du Vietnam (PVN), et a ordonné sa mise en détention provisoire et la perquisition à son domicile.

Après avoir constaté que Trinh Xuân Thanh, né le 13 février 1966 à Hanoï, avait fui à l'étranger, le ministère de la Police a décidé de diffuser un mandat d'arrêt à l'échelle nationale et internationale contre lui.

Agence Vietnamienne d'Information - 31 Juillet 2017


L'Allemagne piquée au vif par le rapt d'un Vietnamien

Berlin avance que des agents de Hanoï ont enlevé Trin Xuan Thanh, un demandeur d'asile qui est réapparu devant les télévisions vietnamiennes ce jeudi soir pour des confessions excuses.

Le Vietnam a-t-il kidnappé en Allemagne un de ses ressortissants activement recherché ? Berlin l’affirme, Hanoï le conteste et les deux capitales s’offrent une brouille diplomatique avec expulsion de diplomate, convocation d’ambassadeur et ping-pong de communiqués. Tout a démarré le 23 juillet. Ce jour-là, dans le parc Tiergarten à Berlin, des hommes armés enlèvent Trinh Xuan Thanh, ancien cadre du parti communiste et ex-dirigeant d’un groupe pétrolier âgé de 51 ans. Ils s’engouffrent dans une voiture et disparaissent.

«Il n’y a aucun doute sérieux sur la participation des services de renseignement vietnamiens et de l’ambassade dans le rapt d’un citoyen vietnamien sur le sol allemand», a fait savoir mercredi le ministère allemand des Affaires étrangères. Avant de convoquer l’ambassadeur, de déclarer non grata un officier des services vietnamiens en poste à Berlin, lui donnant 48 heures pour quitter le pays et d’exiger le retour de Thanh. Sans exclure d’autres mesures politiques et économiques. «L’enlèvement du citoyen vietnamien Trinh Xuan Thanh sur le territoire allemand est une violation sans précédent et flagrante du droit allemand et international», poursuit le ministère allemand. S’il n’a jamais molli pour faire taire à domicile toute voix critique, quitte à embastiller et tabasser sans ménagement ses dissidents, le régime communiste vietnamien n’était pas allé jusqu’à enlever ses ressortissants à l’étranger. Ce qui est parfois l’apanage des autorités chinoises.

Confession autocritique

Après 24 heures de silence, les autorités vietnamiennes ont déploré, ce jeudi, une «déclaration regrettable» et indiqué que Trinh Xuan Thanh était rentré de son plein gré au Vietnam le 31 juillet. Une affirmation qui semble pour le moins contradictoire avec le fait que l’ex-dirigeant avait rendez-vous le 24 juillet avec les autorités allemandes pour sa demande de droit d’asile.

Jeudi, la télévision d’Etat a également diffusé dans la soirée des images de Thanh lors d’une confession autocritique qui fleure bon le mea-culpa forcé et dicté. «Je ne pensais pas mûrement, j’ai décidé de me cacher et pendant ce temps j’ai compris que je devais revenir à la vérité et… admettre mes fautes et m’excuser, a déclaré Thanh assis derrière un bureau, vêtu d’un T-shirt rouge. Ma famille m’a encouragé à rentrer et à me rendre.»

Chargé de représenter Thanh pour sa demande de droit d’asile déposée en Allemagne, l’avocat Victor Pfaff a sérieusement mis en doute l’idée d’un retour consenti de son client au Vietnam. «Il n’aurait jamais fait cela. Il avait peur de revenir et des conséquences possibles» d’un tel retour, a déclaré le juriste à Reuters.

Ni un citoyen lambda, ni un dissident militant

Le curriculum de l’intéressé explique-t-il pourquoi le Vietnam fait grand cas de Thanh ? Le Vietnamien est ni un citoyen lambda, ni un dissident militant. Il était activement recherché depuis juillet 2016 par Hanoï. A cette date, il a quitté le Vietnam pour échapper à des poursuites judiciaires. Quelques mois plus tôt, il avait fait la une des médias, quand des photos le montraient au volant d’une luxueuse Lexus portant des plaques gouvernementales, dans un pays où les officiels sont censés vivre modestement. Car Thanh, ex-cadre du parti communiste, avait aussi occupé des fonctions au sein de l’appareil d’Etat, notamment à un poste clef à la direction de la province de Hau Giang, dans le delta du Mékong.

Le PCV, et en tête son secrétaire général Nguyen Phu Trong, lancé dans une lutte anticorruption (endémique au Vietnam), avait demandé une enquête. Thanh avait dirigé jusqu’en 2013 le groupe public pétrolier Petro Vietnam Construction (PVC). Après la publication des photos, il avait été accusé d’avoir fait perdre plus de 120 millions d’euros à PVC.

Est-ce un hasard dans un parti communiste en proie à des luttes internes ? En mai, Dinh La Thang, un autre dirigeant communiste du sud, jadis membre du conseil d'administration de Petro Vietnam avait été accusé d'avoir fauté et fait les frais d'une purge: il avait été viré du politburo. «Nous sommes décidés à attraper Thanh. Il ne peut pas éternellement se cacher», déclarait en décembre Nguyen Phu Trong. En marge du dernier G20 à Hambourg, le Premier ministre Nguyen Xuan Phuc avait demandé l’extradition de Thanh à la chancelière Angela Merkel. Avant que l’affaire soit expédiée.

Par Arnaud Vaulerin - Libération - 3 août 2017