Il avait accusé en février dernier le parti au pouvoir d’avoir orchestré le meurtre d’un opposant de renom. Un meurtre dont les causes restent troubles.

Kem Ley est abattu en juillet 2016, en plein jour, alors qu’il boit un café devant une station-essence de la capitale cambodgienne. Rapidement, de nombreuses organisations civiles d’opposition soupçonnent le gouvernement d’avoir assassiné cet opposant particulièrement influent.

En février dernier, alors que la justice enquête sur un ancien soldat qui aurait agi de manière isolée, le politologue Kim Sok accuse le parti au pouvoir d’être responsable du meurtre. C’est alors le Premier ministre, qui dirige le pays d'une main de fer depuis plus de trente ans, qui porte plainte en personne contre Kim Sok.

L'opposant écope d'un an et demi de prison et de 170 000 euros d’amende pour diffamation et incitation au trouble public. Le juge estime que ses propos « visaient à provoquer le chaos dans la société ».

Pendant le procès, Kim Sok avait refusé de se lever devant le juge, son escorte policière l'y avait forcé. Il avait exige un nouveau procès en criant : « Je ne reconnais pas ce juge fantoche. »

Le Premier ministre Hun Sen est connu pour utiliser les tribunaux de justice pour faire taire ses opposants. A l'aune des élections législatives de 2018, la répression contre l'opposition se renforce chaque jour un peu plus.

Radio France Internationale - 11 Août 2017