"La police va déployer des forces anti-émeutes pour assurer la sécurité... Ils seront 4.000 au total", a annoncé devant la presse un haut-responsable de la police, Panurat Lakboon.

Des milliers de partisans de Yingluck Shinawatra, dont le gouvernement a été renversé par un coup d'Etat en 2014, ont prévu de se rassembler devant le tribunal. Ils n'auront pas le droit d'"envahir les environs du tribunal", mais pourront se réunir non loin, a précisé Panurat Lakboon, qui dit attendre 3.000 manifestants.

Lors des audiences du procès-fleuve de Yingluck Shinawatra, des centaines de manifestants s'étaient rassemblés, lui offrant des fleurs ou chantant pour l'encourager. Et ce malgré l'interdiction, en vigueur depuis le coup d'Etat, d'organiser des manifestations politiques.

Une condamnation à une peine ferme (qui pourrait aller jusqu'à à dix ans de prison) risquerait de mettre le feu aux poudres, dans un climat de frustration politique grandissante, avec une junte militaire s'accrochant depuis plus de trois ans au pouvoir.

Lors de la dernière audience de ce procès de 18 mois, le 1er août, Yingluck Shinawatra s'est posée en "victime d'un jeu politique" mené par la junte.

Les généraux ultra-royalistes au pouvoir sont accusés de vouloir nettoyer la scène politique, notamment de l'influence de la famille Shinawatra, avant de se risquer à toute annonce d'élections.

L'ex-Première ministre est accusée de négligence dans la mise en place d'un programme de subvention du riz sous son mandat. Ce programme achetait le riz aux riziculteurs, vivier électoral des Shinawatra, à un prix supérieur à celui du marché. Mais Yingluck défend une aide nécessaire pour soutenir les riziculteurs pauvres, qui reçoivent historiquement peu d'aide du gouvernement.

Agence France Presse - 21 Août 2017