La puissante armée birmane affirme dans son communiqué "reconnaître que les journalistes et la Tatmadaw (nom donné à l'armée birmane) travaillent tous les deux pour les intérêts du pays et de ses habitants".

"Dans l'intérêt national, la Tatmadaw tire un trait sur les rancunes liées aux incidents passés et met un terme aux poursuites", est-il précisé dans le communiqué.

Les trois premiers journalistes avaient été arrêtés alors qu'ils rentraient d'une opération antidrogue organisée par l'Armée nationale ta'ang de libération (TNLA), un groupe armé ethnique de l'Etat Shan, au cours de laquelle plusieurs tonnes de stupéfiants avaient été brûlées en public.

Ils étaient emprisonnés depuis le mois de juin en attente de leur procès et ont finalement été libérés vendredi.

Deux autres avaient été emprisonnés après la publication d'un article critiquant un film de propagande de l'armée, et le dernier après un article également jugé diffamatoire. Ces trois journalistes demeuraient vendredi emprisonnés pour d'autres chefs plus mineurs.

Les poursuites contre les médias critiques se sont multipliées en Birmanie ces derniers mois, malgré l'arrivée au pouvoir il y a près d'un an et demi du parti de l'ancienne opposante Aung San Suu Kyi après des décennies de dictature militaire.

Parmi les médias concernés figurent The Irrawaddy et l'organisation de radio et télévision Democratic Voice of Burma (DVB), deux médias qui ont défié la junte pendant des années en publiant des informations indépendantes depuis l'étranger.

L'armée constitue toujours en Birmanie une force politique et économique de premier plan. Elle contrôle de grands conglomérats et détient un quart des sièges du Parlement via des députés non-élus et trois ministères importants (Défense, Frontières et Intérieur).

Agence France Presse - 1er Septembre 2017