Quatre nouveaux hauts responsables de la compagnie pétrolière nationale PetroVietnam viennent d’être arrêtés par la police. On les soupçonne d’être impliqués dans un vaste scandale de détournement d’argent public pour lequel 51 banquiers sont actuellement en procès.

C’est le dernier épisode en date d’une longue série d’arrestations qui n’en finissent pas de défrayer la chronique. Et cette fois-ci, c’est le numéro deux de PetroVietnam et trois de ses associés qui en ont fait les frais. Il leur est reproché d’avoir contribué aux pertes massives de cette société publique, de l’ordre de 34 millions de dollars.

L’argent a été investi sous forme de participation au capital d’une banque privée, Ocean Bank, elle-même engluée dans un vaste scandale de fraude pour lesquels 51 banquiers comparaissent actuellement collectivement devant la justice.

Ils s’ajoutent à une longue liste de personnes déjà mises en cause dans cette affaire, dont l’ancien dirigeant de PetroVietnam, démis de ses fonctions au sein du Politburo (l’organe fort du pays).

Et le mois dernier, cette même affaire a causé une véritable crise diplomatique entre Hanoï et Berlin, les autorités allemandes accusant leurs homologues vietnamiens d’avoir organisé le kidnapping, à Berlin, d’un ancien dirigeant de PetroVietnam qui venait de déposer une demande d’asile.

Derrière ces arrestations à la baguette, le Parti communiste semble vouloir restaurer son image et sa crédibilité auprès de la population. Mais cette politique anticorrupttion servirait également à éliminer d’éventuels adversaires politiques alors que l’actuel secrétaire général du parti et homme fort du pays devrait bientôt prendre sa retraite.

Par Frédéric Noir - Radio France Internationale - 2 Septembre 2017