Les violences actuelles ont été provoquées par une offensive coordonnée de rebelles rohingya contre des postes de police et de l'armée dans l'Etat de Rakhine, où les musulmans se disent depuis longtemps persécutés par les bouddhistes, majoritaires en Birmanie.

La contre-offensive des forces de sécurité a fait au moins 400 morts, dont des civils, et des milliers de maisons ont été incendiées.

Les autorités birmanes accusent les rebelles de ces exactions et les disent dirigés par des djihadistes étrangers, mais les réfugiés arrivés au Bangladesh affirment que l'armée a aussi brûlé des villages et tué des habitants pour contraindre les autres à partir.

Le nombre de Rohingya qui ont franchi la frontière depuis une semaine dépasse de loin le total de ceux qui ont fui une précédente opération militaire, en octobre dernier, lors de laquelle l'armée birmane a été accusée de graves violations des droits de l'homme.

La communauté musulmane de Birmanie compterait environ 1,1 million de personnes. Les autorités birmanes ne reconnaissent pas leur citoyenneté et les qualifient de "résidents ethniques".

Alors que quelque 150.000 Rohingya ont trouvé refuge au Bangladesh depuis octobre, le secrétaire général de l'Onu, Antonio Guterres, a appelé vendredi à éviter une catastrophe humanitaire majeure.

La dirigeante birmane, la prix Nobel de la paix Aung San Suu Kyi, critiquée pour son silence face à cette crise, en discutera lundi avec Retno Marsudi, le ministre des Affaires étrangères de l'Indonésie, plus grand pays musulman du monde. Un cocktail Molotov a été lancé ce week-end sur l'ambassade de Birmanie à Djakarta, la capitale indonésienne.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a pour sa part appelé son homologue bangladais Abdoul Hamid pour lui proposer l'aide de la Turquie pour héberger les réfugiés Rohingya, a annoncé le ministère des Affaires étrangères du Bangladesh.

Par Simon Lewis & Wa Lone - Reuters - 4 septembre 2017