Alors que les élections législatives doivent avoir lieu dans moins d'un an, le climat politique ne cesse de se dégrader.

Après la fermeture d'un journal indépendant, l'expulsion d'ONG étrangères et la mise en examen du principal chef de l’opposition Kem Sokha pour trahison et espionnage, Hun Sen ne semble plus avoir aucun scrupule à durcir le régime.

Pour Sophie Boisseau Du Rocher, chercheuse à l'Ifri, le chef du gouvernement se sent les mains libres, « parce qu’il a inculqué une culture de la peur, qu'il arrive quand même à convaincre une partie de la population qui bénéficie de la croissance du pays et qu’il a le soutien plein et complet de la Chine. Il reste donc sûr que ce n’est pas de Pékin que viendra la contestation. »

Une opposition malmenée mais toujours active

Mais même si l'opposition est aujourd'hui sous pression des autorités, elle reste bien présente dans le pays. « Le Cambodge, c’est 16 millions d’habitants et plus de 60 % de ces 16 millions ont moins de 30 ans. Donc, ils ne vont pas se taire », assure Sophie Boisseau Du Rocher.

Néanmoins, « le Parti du sauvetage national du Cambodge a été fortement ébranlé avec l’inculpation de Kem Sokha, rappelle-t-elle. Il risque donc de ne pas avoir le temps de s’organiser pour trouver un nouveau leader et réussir à être crédible lors des élections. » Probablement au bénéfice du gouvernement de Hun Sen.

Radio France Internationale - 7 Septembre 2017