"Si le parti continue de protéger ce traître, cela veut aussi dire que leur parti est traître", a déclaré Hun Sen, évoquant "la dissolution du parti".

Kem Sokha, dirigeant du principal parti d'opposition, le Cambodia National Rescue Party (CNRP), a été arrêté et incarcéré le 3 septembre.

Il attend depuis son procès pour "espionnage" à la solde de Washington, largement considéré comme politique, dans une prison de la région de Tboung Khmum, à la frontière avec le Vietnam, à trois heures de route de Phnom Penh.

Une petite vingtaine de députés du CNRP ont pris la route lundi pour manifester devant la prison en réclamant "la libération immédiate et inconditionnelle de Kem Sokha". Les y attendaient plusieurs centaines de policiers.

Parmi les manifestants, Mu Sochua, vétérane de l'opposition, qui a menacé de boycotter les élections de 2018, qui "ne seraient pas équitables et libres" avec Kem Sokha derrière les barreaux.

Les législatives de juillet 2018 sont en effet un test majeur pour l'homme fort du Cambodge, âgé de 65 ans, qui ne cesse de durcir le ton contre l'opposition et les défenseurs des droits de l'homme.

Avec ses deux chefs de file écartés, l'un en exil l'autre en prison, le CNRP risque désormais d'avoir du mal à faire campagne.

Le but pour Hun Sen est d'éviter une répétition du scénario des législatives de 2013: l'opposition y avait fait une percée remarquée. Elle avait réussi à organiser de grandes manifestations pour dénoncer les fraudes électorales organisées pour masquer sa popularité.

Ces dernières années, le Cambodge est devenu l'une des économies les plus performantes d'Asie du Sud-Est. Mais la colère monte parmi la population et surtout les jeunes, lassés de la corruption et de l'accaparement des richesses par une élite proche de Hun Sen.

L'opposition a à nouveau réalisé une percée aux élections municipales de juin 2017, un signe inquiétant pour celui qui est au pouvoir depuis la chute des Khmers rouges.

Agence France Presse - 11 septembre 2017