Principale figure de l'actuel gouvernement, prix Nobel de la paix, la conseillère d’Etat birmane s’est contenté d’accuser des terroristes d’avoir mené des attaques. La presse officielle de son pays la défend.

Aung San Suu Kyi ne se rendra pas à New York pour l'Assemblée générale de l'ONU, mais s'adressera à son peuple pour la première fois mardi depuis Naypyidaw au sujet des musulmans rohingyas dans l'Etat de l'Arakan. Le message de la lauréate du prix Nobel de la paix sera particulièrement scruté au sein de la communauté internationale, où des voix se sont élevées pour s'étonner de la passivité d'Aung San Suu Kyi face à ce que l'ONU qualifie de « nettoyage ethnique ».

Ce week-end, la presse officielle birmane a réagi en défendant sa position et son action. Le New Light of Myanmar vole au secours d’Aung San Suu Kyi. Photo à l’appui, l’organe de presse du pouvoir publie un reportage sur l’aide humanitaire apportée par les autorités aux déplacés du conflit arakanais, y compris aux musulmans. Il retranscrit l’interview qu’a donnée une ancienne diplomate américaine à une chaîne de télévision occidentale, dans laquelle elle dit comprendre la position très délicate d'Aung San Suu Kyi, du fait que la plupart des Birmans considèrent les Rohingyas comme des immigrés illégaux et soutiennent par conséquent les opérations de l’armée.

Aung San Suu Kyi ne peut donc pas aller à l’encontre de l’avis général sur un sujet aussi brûlant. La presse officielle insiste également sur le fait que la conseillère d'Etat agit pour résoudre la crise. Elle a accepté les recommandations de la commission dirigée par l’ancien secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, qui préconise de donner des droits à la minorité rohingya, notamment la liberté de mouvement.

Par Rémy Favre - Radio France Internationale - 17 septembre 2017


Aung San Suu Kyi s’exprimera mardi sur le sort des Rohingya

Le discours de la dirigeante, Prix Nobel de la paix, sur le sort de cette minorité musulmane persécutée en Birmanie, est très attendu.

Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, enjoint à Aung San Suu Kyi, qui a prévu de s’adresser mardi aux Birmans, d’appeler à mettre un terme à la tragédie des Rohingya, cette minorité musulmane persécutée en Birmanie.

Dans un entretien accordé à la BBC, dimanche 17 septembre, à la veille de la réunion de l’Assemblée générale de l’ONU à New York, M. Guterres prévient que si la dirigeante birmane, Prix Nobel de la paix, ne réagit pas très vite, « la tragédie sera absolument horrible ».

Discours très attendu

Après avoir annoncé qu’elle ne se rendrait pas à l’assemblée générale de l’ONU, Aung San Suu Kyi a annoncé son intention de s’adresser à ses concitoyens mardi, pour la première fois depuis le début de la crise de la fin du mois d’août.

Son discours télévisé à la Nation, prévu pour être prononcé depuis Naypyidaw, la capitale administrative birmane, à 10 heures locales (3 h 30 GMT), est très attendu, la Prix Nobel de la paix ayant apporté jusqu’ici son soutien sans faille à l’armée, accusée de mener des exactions sous couvert d’opération antiterroriste.

Les Nations unies ont mis en garde contre le risque d’un « nettoyage ethnique » après que les persécutions visant les Rohingya ont redoublé dans l’Etat Rakhine (à l’ouest de la Birmanie), où l’armée mène une vaste opération de représailles depuis des attaques, le 25 août, de rebelles de cette minorité.

Selon le dernier bilan de l’ONU, plus de 400 000 Rohingya ont fui la Birmanie pour rejoindre le Bangladesh voisin. Le sud de ce pays frontalier de la Birmanie s’est transformé en l’un des plus vastes camps de réfugiés du monde en l’espace de trois semaines.

Le Monde avec Agence France Presse - 17 septembre 2017