Toute la région est sous tension depuis que les attaques de la rebellion musulmane dans le nord de la zone ont déclenché une campagne de répression de l’armée birmane, qualifiée d’épuration ethnique par l’ONU.

Plus de 420.000 musulmans rohingyas se sont réfugiés au Bangladesh depuis le 25 août pour fuir les violences.

D’après un communiqué du service de presse de la dirigeante birmane Aung San Suu Kyi publié dans la nuit de mercredi à jeudi, une foule de 300 personnes s’était rassemblée à Sittwe, ville majoritairement bouddhiste, autour du bateau, et des cocktails molotov et des pierres ont été lancés.

Ils ont forcé «le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) à décharger l’aide rassemblée sur le bateau et ont empêché le bateau de partir», précise le communiqué.

Le bateau, qui contenait des vêtements, de l’eau et des moustiquaires, devait se rendre vers Maungdaw, district du nord, épicentre des troubles depuis fin août.

Il a fallu plusieurs heures à la police pour rétablir l’ordre et huit personnes ont été interpellées.

«Notre personnel est sain et sauf, le chargement n’a pas été endommagé et nous allons poursuivre nos actions comme prévu», a indiqué à l’AFP Graziella Leite Piccoli de la Croix rouge internationale.

Pour les équipes des organisations humanitaires, la situation est très tendue dans cette région très pauvre, depuis que le gouvernement birman, dirigé de facto par l’ex-dissidente Aung San Suu Kyi, les a mises en cause affirmant que des rations avaient été retrouvées dans des camps de rebelles.

Depuis, la majeure partie des opérations humanitaires sont arrêtées dans la zone. L’accès aux populations déplacées, qui sont toujours sur les routes ou cachées dans les montagnes et les forêts, est impossible pour l’instant.

Mercredi, devant l’Assemblée générale des Nations unies, le second vice-président birman Henry Van Thion, a néanmoins assuré que l’aide humanitaire était désormais «la première priorité» de son gouvernement.

«Nous allons veiller à ce que l’aide parvienne à tous ceux qui en ont besoin, sans discrimination», a-t-il déclaré.

Mardi, les enquêteurs de l’ONU sur la situation des droits de l’homme en Birmanie, que les autorités birmanes ne reconnaissent pas, avaient demandé mardi un «accès complet et sans entrave» au pays, soulignant qu’une grave crise humanitaire était en cours.

Agence France Presse - 21 septembre 2017