Le 11 septembre, Vu Chiên Thang a été nommé au poste de directeur du Bureau gouvernemental des affaires religieuses, l’organisme qui gère les activités et l’organisation des religions au Vietnam.

Selon la presse officielle, Vu Chiên Thang a fait toute sa carrière au sein des services vietnamiens de la sécurité publique, dont il est actuellement l’un des plus hauts responsables. Il a été successivement vice-directeur pour la province du Nghê An (nord du Vietnam), directeur pour la province de Quang Tri (centre), responsable pour la région du nord-ouest et enfin pour l’ensemble du pays.

Lors de sa nomination, Vu Chiên Thang s’est engagé à appliquer « strictement » les missions qui lui sont confiées. Ce qui laisse penser aux divers responsables religieux, en particulier aux évêques catholiques, que les demandes de liberté religieuse, qu’ils avaient récemment exprimées, ne seront guère prises en compte.

Les religions, forces d’opposition au Vietnam

Le 1er juin 2017, la Conférence des évêques du Vietnam (CECV) avait adressé à l’Assemblée nationale un texte critique à propos de la Loi sur les croyances et la religion, adoptée en novembre 2016 et qui entrera en vigueur en janvier 2018. Elle dénonçait, entre autres, l’attitude foncièrement hostile des autorités gouvernementales à l’égard des organisations religieuses, considérées comme « des forces d’opposition ».

Dans ce contexte de réactions négatives après l’adoption (par plus de 84 % des membres de l’Assemblée nationale) de la nouvelle loi sur les croyances et la religion, ce renforcement du contrôle des affaires religieuses par la sécurité publique fait donc planer de sérieuses craintes sur la liberté religieuse au Vietnam. En outre, l’arrivée de ce nouveau responsable précède de quelques mois l’entrée en vigueur de la loi qui donnera de nouveaux moyens de contrôle aux responsables locaux des affaires religieuses.

127 cadres communistes pour les affaires religieuses

Créé en août 1955 à Hanoï, quelques mois après la mise en place de la République démocratique du Vietnam, le Bureau gouvernemental des affaires religieuses est placé sous la direction du premier ministre et a pour mission de « planifier l’application des lignes politiques du gouvernement en matière de religion et d’organisations religieuses ».

Le Bureau gouvernemental des affaires religieuses à Hanoï emploie actuellement 127 cadres communistes. Mais si l’on compte les très nombreuses annexes dans les provinces, les grandes villes et les districts, l’ensemble du personnel de ce Bureau se compte par milliers.

Enfin, la nomination de Vu Chiên Thang apparaît comme une fin de non-recevoir à la suite des pressions exercées sur le gouvernement de Hanoï par diverses ONG et associations des droits de l’homme, ainsi que par certains pays comme les États-Unis.

Par Claire Lesegretain - La Croix avec Agence Église d’Asie - 26 septembre 2017