- Vous êtes un expert dans l’industrie automobile, que pensez-vous du projet Vinfast récemment lancé par Vingroup ?

Le Vietnam n’a pour l’heure aucune marque de voiture. De mon point de vue, nous avançons trop lentement dans ce secteur. Notre industrie automobile n’est reconnue que pour ses assemblages alors que plusieurs pays de l’ASEAN (Association des nations de l’Asie du Sud-Est) possèdent leurs propres enseignes. C’est pourquoi je me félicite de la naissance de Vinfast et je suis confiant pour que le Vietnam ait, à terme, une marque de voiture relativement reconnue.

Ne pouvant pas concurrencer des marques comme Toyota, Ford, BMW ou Rolls-Royce à l’international, l’idée est que les voitures vietnamiennes aient néanmoins des parts non négligeables sur le marché national. Comme vous le savez, le revenu des Vietnamiens augmente d’année en année et, parallèlement à cette tendance, la demande nationale de voiture croît. Le marché automobile vietnamien est donc de plus en plus prometteur, c’est pourquoi ce lancement d’une marque vietnamienne me semble tout à fait justifié.

- Quel est l’obstacle principal d’une entreprise vietnamienne qui se lance dans la fabrication de voitures ?

Pour réussir dans ce secteur, je pense qu’il y a deux facteurs décisifs : d’une part la puissance financière du groupe et d’autre part le soutien de la politique étatique. Pour ce qui est de la puissance financière, je pense que Vingroup est armé. Outre des fonds propres importants, le groupe est soutenu par le Crédit Suisse à travers des prêts qui lui seront accordés. Pour le deuxième facteur, c’est à l’État de soutenir les entreprises vietnamiennes dans la fabrication automobile en mettant en place des conditions favorables.

- En 2018, la taxe d’importation des voitures des pays membres de l’ASEAN sera de zéro pour cent. Cette nouvelle mesure sera-t-elle un inconvénient pour Vingroup ?

Selon moi, cette taxe d’importation de zéro pour cent ne posera pas de difficulté majeure. Au contraire, elle facilitera la concurrence loyale au sein de l’ASEAN. Pourquoi ne serions-nous pas capables de fabriquer des voitures bon marché et de bonne qualité alors que d’autres pays de l’ASEAN le font ? À l’heure actuelle, si un géant financier comme Vingroup n’est pas capable de se lancer dans ce secteur, aucune entreprise vietnamienne ne peut le faire.

Agence Vietnamienne d'Information - 2 octobre 2017