La perspective d'un retour est-elle en train de se dessiner pour les Rohingyas? La Birmanie vient d'ouvrir en tout cas une porte, a déclaré ce lundi le ministre des Affaires étrangères bangladais après des pourparlers avec le gouvernement birman. "Les discussions ont eu lieu dans une atmosphère amicale et la Birmanie a proposé de reprendre les réfugiés rohingyas", a déclaré Mahmood Ali.

"Les deux parties ont accepté une proposition visant à créer un groupe de travail mixte chargé de coordonner le processus de rapatriement", a ajouté Mahmood Ali, sans donner d'indication de dates pour le début du processus. Jeudi, la Birmanie avait affirmé être prête à commencer la vérification. Mais sur le terrain, beaucoup doutent d'un retour à court terme, l'exode vers le Bangladesh se poursuivant.

Plus d'un demi-million de Rohingyas se sont réfugiés au Bangladesh depuis fin août, pour fuir une campagne de répression de l'armée birmane après des attaques de rebelles rohingyas. Dans les gigantesques camps à la frontière, autorités et ONG sont débordées par la marée humaine et s'inquiètent des risques sanitaires. Les conditions sont réunies pour l'apparition d'épidémies de choléra ou de dysenterie.

"Cauchemar humanitaire"

Le patron des Nations unies Antonio Guterres a réclamé vendredi un "arrêt des opérations militaires" dans l'ouest de la Birmanie et dénoncé un "cauchemar humanitaire", lors d'une rare réunion publique du Conseil de sécurité sur la Birmanie - la dernière remontait à 2009. Guterres a aussi demandé un "accès humanitaire" dans la zone de conflit et "le retour en sécurité, volontaire, digne et durable" dans leurs régions d'origine des réfugiés ayant fui au Bangladesh.

Les Rohingyas, plus grande population apatride au monde, sont traités comme des étrangers en Birmanie, un pays à plus de 90% bouddhiste. Victimes de discriminations, ils ne peuvent ni voyager ni se marier sans autorisation, et n'ont accès ni au marché du travail ni aux services publics comme les écoles et les hôpitaux.

L'express avec Agence France Presse - 2 octobre 2017