En pleine campagne de répression contre l'opposition, les médias et les ONG, Hun Sen tente cette fois-ci une véritable opération séduction en direction des ouvriers du textile en annonçant une hausse de leur salaire minimal.

Avec 740 000 ouvriers, le textile représente l'un des secteurs clés de l'économie du pays. C'est aussi un électorat qui peut faire basculer une élection. En 2013, de nombreux ouvriers du textile avaient massivement soutenu l'opposition et étaient descendus dans la rue pour dénoncer les fraudes électorales.

Hun Sen redoute qu'un tel scénario ne se répète, d'où l'opération séduction à coup de distribution de billets de banque à des centaines d'ouvrières enceintes ou de promesses de mise en place de soins et de transports gratuits.

Jeudi, Hun Sen a également annoncé une hausse du salaire minimal, certes symbolique, puisqu'il passera de moins de 130 à 140 euros ainsi qu'une allocation transport et logement mensuelle de près de six euros en direction des ouvriers du textile.

A dix mois des législatives, l'inamovible Hun Sen, au pouvoir depuis la chute des Khmers rouges, n'a pas l'intention de se retirer. Bien au contraire. En témoigne le départ de près de la moitié des députés de l'opposition qui, face à une répression particulièrement violente du régime, ont été contraints de quitter le pays.

Radio France Internationale - 6 octobre 2017