Voilà en effet six ans qu’ils ont été mis sous les barreaux. Leurs arrestations et leurs incarcérations datent d’une période couvrant la dernière partie de l’année 2011.

Cependant, pour certains, la liberté retrouvée n’aura été que de courte durée. Trois entre eux sont particulièrement visés par la police. L’un des trois a été jugé et condamné ; les deux autres font l’objet d’enquêtes. Tous les trois, au nom du même article du Code pénal, à savoir l’article 304, qui inflige trois ans de prison pour le délit de non soumission à une condamnation judiciaire. On leur reproche, en effet, de n’avoir pas respecté strictement les contraintes de la résidence surveillée à laquelle ils étaient astreints.

Le premier à avoir été condamné pour ce délit est Nguyên Van Oai. Le 18 septembre dernier, le tribunal populaire de la province du Nghê An lui a infligé cinq ans de prison. Jean Nguyên Van Oai âgé aujourd’hui de 36 ans avait été libéré de sa première peine de prison en 2015. Il fut arrêté à nouveau au mois de janvier 2017 pour avoir contrevenu à l’article 304 du Code pénal et pour s’être opposé à un agent de l’État accomplissant une fonction publique.

Ces deux fautes conjuguées lui ont valu 5 ans de prison, auxquels devront s’ajouter quatre années de résidence surveillée, une peine prononcée lors du précédent procès mais non encore purgée.

Nguyên Van Oai est un militant chrétien bien connu dans la région du centre Vietnam pour ses activités en faveur de la justice sociale, des droits de l’homme et de de la souveraineté nationale du Vietnam. Dans la série des 17 arrestations opérées dans la deuxième moitié de l'année 2011, il avait été l’un des trois premiers appréhendés par la police, le 30 juillet 2011, à l’aérodrome de Saïgon. Il avait été condamné à trois ans de prison au procès de première instance qui s’était tenue le 9 janvier 2013. La condamnation avait été confirmée en appel quelques mois plus tard.

Après l’arrestation de Nguyên Van Oai en janvier 2017, l’attention de la police s’est portée sur deux autres membres du groupe des 14 jeunes catholiques condamnés en 2013 et libérés récemment. Le 5 mai 2017, le journal régional de la sécurité publique annonçait l’ouverture d’une enquête policière contre Thai Van Dung. Celui-ci avait été arrêté au mois d’août 2011, à Hanoï où il réside. Au procès de 2013, il avait été condamné à quatre ans de prison et quatre ans de résidence surveillée. Il fut libéré en 2015 après avoir purgé sa peine de prison. Un peu plus tard, le 4 août 2017, c’était au tour de l’ancien prisonnier catholique Trân Minh Nhât d’être l’objet d’une procédure semblable. Lui aussi avait été arrêté au mois d’août 2011. Le procès de 2013 l’avait condamné à trois ans de prison et à quatre ans de résidence surveillée.

Agence Eglise d'Asie - 10 octobre 2017