Convié par la France et le Royaume-Uni à venir s'exprimer de manière informelle sous son titre de président d'une commission sur les droits des Rohyingas, M. Annan a jugé que les grandes puissances devaient travailler avec les dirigeants civils et militaires birmans pour mettre un terme à la crise des réfugiés.

Certains membres du Conseil poussent pour une résolution appuyant les demandes de fin des violences, d'accès humanitaire sans entrave et de retour des réfugiés mais la Chine, premier soutien de la Birmanie, et la Russie n'y sont guère favorables. "S'il y a une résolution, j'espère qu'elle poussera le gouvernement à créer les conditions permettant aux réfugiés de revenir chez eux avec dignité et en sécurité", a-t-il dit à des journalistes à l'issue de la réunion tenue à huis clos. "Ils ne devraient pas retourner dans des camps", a-t-il insisté.

Selon l'ONU, plus d'un demi-million de réfugiés, la plupart de la minorité Rohingyas, ont fui au Bangladesh depuis fin août. Les autorités birmanes ont affirmé que leurs opérations militaires étaient en réaction à des attaques par des rebelles Rohingya de postes de police birmans.

M. Annan a appelé le Conseil de sécurité à adopter avec la Birmanie une "feuille de route" sur le règlement de la crise, à défaut de quoi elle pourrait durer des années.

La commission dirigée par l'ex-secrétaire général de l'ONU, établie en 2016 à la demande de la chef de la diplomatie birmane Aung San Suu Kyi, recommande dans son rapport publié en août de donner davantage de droits aux Rohingyas, apatrides et installés en Birmanie depuis des décennies.

Agence France Presse - 14 octobre 2017