Une Vietnamienne a été arrêtée après avoir participé à une manifestation. Elle risque la peine de mort pour tentative de «renversement» du régime, ont annoncé les autorités communistes mercredi.

Cette femme de 41 ans est accusée d'«activités visant à renverser l'administration populaire», selon l'article 79 du code pénal, a confirmé un responsable de la province de Ha Tinh, où elle a été arrêtée mardi. Cet article de loi, vague, est un de ceux utilisés par le régime communiste contre les dissidents. Il est punissable de la peine de mort.

La famille de la jeune femme a rappelé qu'elle avait participé à une manifestation l'an dernier contre le groupe industriel taïwanais Formosa, accusé d'un épisode de pollution ayant causé une large pollution marine en 2016. Au moins 15 opposants ont été arrêtés depuis janvier au Vietnam, selon Amnesty International. Plusieurs lourdes peines de prison ont également été prononcées.

Fréquents emprisonnements

Le Vietnam a ainsi condamné en juillet une dissidente à neuf ans de prison pour propagande antiétatique. Dans des articles et des vidéos postés sur internet, elle accusait «l'Etat communiste de violer les droits de l'homme et (appelait) au pluralisme» en demandant la suppression du parti unique.

Fin juin, une autre dissidente et blogueuse, connue sous le nom de Me Nam ou «Mère champignon», avait été condamnée à dix ans de prison également pour propagande antiétatique, malgré une campagne internationale appelant à sa libération.

Au Vietnam, les opposants sont fréquemment emprisonnés mais, d'après les défenseurs des droits de l'homme, l'arrivée de nouveaux dirigeants l'an passé a encore durci la chasse aux voix discordantes.

Selon les analystes, le régime cherche à faire place nette avant le sommet de l'Apec prévu fin novembre au Vietnam, qui attirera les regards de la communauté internationale sur le pays.

Agence Télégraphique Suisse - 19 octobre 2017