En Thaïlande, les habitants se préparent à assister aux funérailles du roi Bhumibol Adulyadej, décédé l’an dernier. Les cérémonies proprement dites de la crémation royale vont se dérouler du mercredi 25 au dimanche 29 octobre, mais le pays est plongé dans un deuil profond depuis maintenant un an.

Cela s’est beaucoup intensifié depuis le début du mois. A Bangkok, tout le monde est vêtu de noir. Des portraits du roi sont installés dans tous les coins de la ville. Tout le monde vient se faire prendre en photo, devant ces portraits. Dans certains restaurants, même les menus affichés sont désormais en noir et blanc, comme d’ailleurs nombre de programmes de télévision. Les chaînes de télévision diffusent presque en continu des programmes d’hommage au roi, notamment sur ses projets de développement rural. Beaucoup de Thaïlandais portent aussi des T-shirts avec des slogans comme "Je suis né sous Rama IX" (le nom dynastique du roi) ou "Je suis le sujet du roi Rama IX".

Un engouement sans doute excessif

Il y a à l’évidence une admiration et même une vénération pour ce roi, d’abord parce que son règne a été très long – 70 ans – mais surtout parce qu’il est perçu comme un souverain qui a consacré sa vie à l’amélioration du sort des Thaïlandais, notamment des plus défavorisés. Parallèlement, il y a derrière cela des décennies de campagnes de propagande qui ont présenté le roi Bhumibol comme un être exceptionnel. Il faut ajouter qu’il y a aussi une dimension religieuse importante, enracinée dans la culture thaïlandaise. Le roi est considéré comme un Bouddha en devenir, un être qui a accumulé tellement de mérites dans son existence qu’il va renaître comme un nouveau Bouddha. C’est une dimension qui échappe parfois aux observateurs étrangers.

Le nouveau roi est le fils du roi décédé

Le nouveau roi Maha Vajiralongkorn est vraiment dans l’ombre de son père. Il y a un tel culte de la personnalité du roi décédé, une telle exaltation de son règne, que le nouveau roi paraît bien falot en comparaison, d’autant qu’il n’est pas très populaire, notamment à cause de sa vie privée pour le moins désordonné. Pour autant, c’est lui qui incarne désormais la monarchie. Celle-ci reste le principal facteur d’unité du pays. Et c’est pour cette raison et aussi parce qu’il est le fils du roi Bhumibol que les Thaïlandais l’acceptent bon gré, mal gré.

Les cérémonies de funérailles s’étalent sur quatre jours

C’est une lente procession selon un rituel essentiellement hindouiste. Une urne royale censée contenir le corps du roi va être juchée sur un énorme chariot en bois doré, précédé et suivi par des brahmanes. Cette procession va prendre une journée complète. L’urne va être amenée au crématorium, un monument de cinquante mètres de haut, qui représente le sommet du monde. Et elle sera brûlée en fin de journée.

Par Arnaud Dubus - Franceinfo Radio - 18 octobre 2017