Une décision fâcheuse pour le secteur des produits de la mer au Vietnam, troisième exportateur mondial.

L'Europe reproche au Vietnam de continuer à pêcher illégalement dans le Pacifique. Les listes de navires ne sont pas à jour au Vietnam, détaille-t-on dans l'entourage du commissaire européen. Les bateaux vietnamiens pêchent sans permis dans les eaux des Etats insulaires du Pacifique. Quand ils n'empêchent pas les inspections nécessaires pour vérifier qu'ils ne prélèvent pas d'espèces protégées, concombre des mers ou poissons coralliens.

Ce n'est pour l'heure qu'un carton jaune, un avertissement de l'Europe au Vietnam sur ses pratiques illégales de pêche en mer. La Commission propose à ce stade de coopérer avec le Vietnam pour améliorer la situation. Mais le carton jaune pourrait se transformer en carton rouge : l'Europe fermerait alors son marché aux produits de la mer vietnamiens dans leur ensemble. Une perte potentielle d'1 milliard d'euros sur les 8 milliards d'euros que pèsent les exportations de produits de la mer du Vietnam, numéro trois mondial.

Depuis 2010, 25 pays ont reçu pour leurs mauvaises pratiques de pêche un carton jaune ou rouge de l'Europe. 13 ont fait suffisamment de progrès aux yeux de Bruxelles pour ne plus être épinglés, que ce soit le Togo, le Sri Lanka, les Philippines, ou la Guinée. A ce jour 12 sont encore sur la liste jaune ou rouge, dont le Cambodge, Taïwan, la Thaïlande, les Comores, le Liberia et la Sierra Leone.

L'arrivée du Vietnam dans cette liste des mauvais élèves va d'ores-et-déjà rendre frileux les détaillants européens vis-à-vis du tilapia ou des crevettes du Vietnam, même s'il s'agit de poisson d'élevage, par définition pas concernés par l'activité des bateaux de pêche.

Les acheteurs européens avaient déjà été échaudés par la mauvaise image des élevages vietnamiens de panga, dont les ventes en Europe devraient encore chuter de 5 à 10% cette année.

C'est vers la Chine que le Vietnam re-route aujourd'hui massivement son panga ou poisson-chat du Mékong.

Par Claire Fages - Radio France Internationale - 24 octobre 2017