Les militaires birmans sont sous le feu des critiques internationales depuis août dernier et le lancement d'une offensive musclée dans l'Etat du nord-ouest birman, l'Arakan, suite à des attaques d'insurgés contre des bases militaires. Les représailles de l'armée ont provoqué l'exil de plus de 600 000 musulmans Rohingyas.

L'importante mobilisation en soutien à l'armée a de quoi surprendre dans un pays qui a été dirigé d'une main de fer par la junte militaire pendant un demi-siècle. Fortement critiquée à l'étranger pour sa campagne de répression à l'encontre de la minorité musulmane et apatride des Rohingyas, une campagne assimilée à une « épuration ethnique » par les Nations unies, l'armée a trouvé un soutien sans faille d'une grande partie de la population à majorité bouddhiste.

Ce soutien n'est pas non plus un hasard. L'armée birmane a pendant plusieurs décennies attisé les peurs d'une prise de contrôle de l'Etat d'Arakan par la minorité rohingya.

Ce discours associé à la non-reconnaissance des Rohingyas en tant qu'ethnie du pays et représentant un danger pour le pays a fini par convaincre la majorité bouddhiste qui se rallie désormais autour des militaires comme les sauveurs de la nation.

Les Birmans rejettent également en bloc les accusations de meurtres et de viols contre l'armée birmane. En attendant, de nombreuses ONG espèrent obtenir l'autorisation de l'armée pour pouvoir se rendre enfin dans l'Arakan et connaître la vérité sur ce qu'il s'est effectivement passé dans cet Etat depuis le début de l'offensive fin août.

Radio France Internationale - 29 octobre 2017