"Il s'agit de mettre en valeur notre beauté en développant nos muscles", explique à l'AFP parmi les participantes Nittaya Kongthun, 26 ans, assumant l'idéal de beauté d'une "poupée Barbie" aux lignes parfaites.

Portant des lentilles de contact bleues, celle qui est à la ville coach sportif dans une salle de gym de Bangkok rejette le terme de "bodybuildeuse", la discipline étant subdivisée en plusieurs niveaux de musculature, du "model physique" au "bodybuilding".

"Le bodybuilding, c'est d'un autre niveau" que le "model physique" que je pratique, explique celle qui a remporté cette compétition amateur de l'Association thaïlandaise de bodybuilding, dans la catégorie des femmes de moins de 1,60 mètres.

"Les femmes thaïlandaises s'intéressent plus au sport, pour les bénéfices en terme de santé et pour avoir de plus belles silhouettes", assure cette diplômée de médecine traditionnelle.

Pourtant, les muscles saillants des participantes, aux courbes soulignées sur scène par un enduit doré, tranchent avec l'idéal de beauté en Asie, peau blanche, hanches menues et épaules fines étant traditionnellement promues.

Mais Chanjira Jamdee, une autre participante de 29 ans, s'insurge contre cette tradition: "Je voulais avoir plus de muscles. Je pense qu'une femme avec des muscles, c'est bien", dit-elle.

Kinnalorn Nanthalath, ancienne joueuse de basket de 33 ans, est venue du Laos voisin, pour participer à cette compétition. Elle affirme qu'"il y a de nombreux jeunes Laotiens qui s'intéressent" au bodybuilding.

En octobre, aux championnats du monde de bodybuilding en Mongolie, la Thaïlande a remporté plusieurs médailles, se félicite Phumvarin Chunhawongvarit, président de l'Association de bodybuilding d'Asie du Sud-Est. "Et notre équipe féminine de bodybuilding est une des meilleures au monde", assure-t-il.

En décembre 2018, les championnats du monde de bodybuilding seront organisés dans le nord de la Thaïlande, à Chiang Mai.

Agence France Presse - 10 novembre 2017