Le pape François a adressé, vendredi 17 novembre, un message vidéo aux Birmans où, à une semaine de son arrivée dans le pays, il explique venir apporter « un message de réconciliation, de pardon et de paix ».

« Ma visite veut confirmer la communauté catholique du Myanmar dans sa foi en Dieu et son témoignage de l’Évangile, qui enseigne la dignité de chaque homme et femme et d’ouvrir nos cœurs aux autres, spécialement aux pauvres et aux nécessiteux », explique le pape qui doit arriver lundi 27 novembre à Rangoun.

« Dans le même temps, je désire visiter la nation avec un esprit de respect et d’encouragement pour tous les efforts consentis pour construire harmonie et coopération au service du bien commun », souligne le pape qui prend garde de ne pas évoquer spécifiquement la question des Rohingyas, cette minorité musulmane de Birmanie chassée vers le Bangladesh.

Depuis plusieurs semaines, en effet, les responsables catholiques birmans tentent de mettre en garde le pape contre l’emploi du mot « Rohingyas » lors de son voyage.

« Ce mot n’est pas accepté par le gouvernement, les militaires et la communauté bouddhiste », explique ainsi le cardinal Charles Bo, archevêque de Rangoun dans un entretien à l’hebdomadaire britannique The Tablet. Actuellement à Rome, le cardinal Bo estime que le pape « pourrait employer une autre expression comme “les musulmans de l’État Rakhine” ».

Plus globalement, l’Église birmane souligne la nécessité pour le pape d’évoquer l’ensemble du problème des minorités dans la Birmanie bouddhiste, et notamment celui des minorités chrétiennes du Nord du pays.

« Nous vivons dans un monde où croyants et hommes de bonne volonté ressentent toujours plus la nécessité de croître dans un respect et une compréhension mutuels et de se soutenir l’un l’autre comme membres d’une même famille humaine », relève d’ailleurs le pape à la fin de son message.

Par Nicolas Senèze - La Croix - 17 novembre 2017