"La nuit dernière, vingt Ouïghours du centre de détention de Songkhla (sud) se sont échappés de leur cellule", a déclaré à l'AFP lundi soir le porte-parole des services de l'immigration, Cherngron Rimpadee. "Ils ont utilisé des objets contondants pour creuser un trou dans le mur de leur cellule et ont utilisé une couverture pour se hisser à l'extérieur", a-t-il détaillé.

"Ils ont choisi un moment où la visibilité était réduite et où les responsables ne pouvaient pas les entendre à cause d'une forte pluie", a-t-il encore dit. Cinq ont été retrouvés depuis, mais les autres restent en fuite. Six responsables du centre de détention ont été transférés par mesure de rétorsion. Les évadés font partie d'un groupe de Ouïghours arrivés en 2014 de Chine. Ils s'étaient déclarés Turcs, d'où la prolongation de leur détention - les autres ayant été renvoyés en Chine.

La Thaïlande, traditionnelle voie de passage des Ouïghours fuyant la Chine (à destination souvent de la Turquie), met en place depuis 2015 une politique stricte de renvoi des Ouïghours vers la Chine. En juillet 2015, Bangkok avait renvoyé une centaine d'Ouïghours en avion vers la Chine. Un mois après, un attentat en plein centre de Bangkok faisait 20 morts. Le procès des Ouïghours soupçonnés d'en être les auteurs se poursuit à Bangkok.

En Chine vivent quelque 10 millions de Ouïghours, majoritairement musulmans. De nombreux membres de cette ethnie se plaignent de discriminations sur le marché du travail et de restrictions visant leur pratique religieuse. Une frange radicalisée de cette population est à l'origine d'attentats meurtriers commis en Asie.

Agence France Presse - 21 novembre 2017