Ouvert depuis février, ce marché des anciens amants s'installe une fois par mois dans une petite rue du centre de la capitale vietnamienne.

Une façon pour les anciens couples de se débarrasser d'objets qu'ils ne veulent plus voir et aussi une façon de passer à autre chose.

"Après une rupture, je suis très triste, je ne peux ni boire, ni manger... mais après un moment, je me relève. Le passé est le passé et nous devons aller de l'avant", raconte Phuc Thuy, qui vend des vêtements, des sacs à main et même un tube de dentifrice abandonné lors d'une rupture.

Dans une société vietnamienne très jeune, qui n'hésite pas à beaucoup s'exposer sur les réseaux sociaux, la vente d'objets intimes ne heurte personne.

"Les jeunes sont plus ouverts d'esprit. Ils veulent partager et surmonter la douleur et ne pas souffrir seuls", explique Dinh Thang, qui a créé le marché.

Sur une petite table, il a disposé de vieilles lettres d'amour, des cartes d'anniversaire recouvertes de cœurs de son ex. Devant le succès du marché d'Hanoï, il prévoit d'en ouvrir un à Ho Chi Minh-Ville.

Au milieu du marché, pour ceux qui n'ont pas encore réussi à prendre autant de recul que Dinh Thang, un grand tableau a été placé pour laisser des messages à son ex.

"A tous mes anciens amants, je veux dire que je suis désolée car j'ai l'impression que nous n'avons pas réussi à vraiment nous connaître", confesse une visiteuse dans un message.

Un autre sonne comme un cri de victoire après une longue traversée du désert: "Je vais bien!!!"

Dinh Thang espère que ce marché va permettre aux gens de parler plus librement des ruptures dans une société vietnamienne qui reste très conservatrice et où, il y a 20 ans, dominaient encore les mariages arrangés.

Ces dernières années, la société, fortement rajeunit, a rapidement changé et largement adopté des normes occidentales. Plus de 50% de la population a moins de 30 ans aujourd'hui.

Alors pour certains, le marché des anciens amants est aussi un nouveau lieu de rencontre.

"Je suis venue pour rencontrer des gens et voir les objets, comprendre quels jolis souvenirs ils représentent", raconte Tieu Khuy, avant de s'emparer d'une vieille copie d'"Orgueil et Préjugés" de Jane Austen.

Agence France Presse - 1er novembre 2017