C’est la première surprise de ce voyage : le pape François a accepté de recevoir plus tôt que prévu ce lundi le chef de l’armée de Birmanie, Min Aung Hlaing, en compagnie de quatre autres officiers généraux.

En anticipant de trois jours cette rencontre, les militaires démontrent donc qu’il faut toujours compter avec eux pour gouverner le pays. Mais le pape François ne s’est pas laissé impressionner. Au cours de cette rencontre qui a duré 15 minutes, pas une de plus, le pontife a insisté sur « la grande responsabilité » des autorités dans une période de transition.

Transition économique, mais aussi transition politique. En clair, la timide ouverture du régime birman à des pratiques plus démocratiques est encouragée par le Saint-Siège, mais elle doit aussi s’accompagner d’une grande responsabilité, c’est-à-dire d’un sens de la retenue, en particulier de la part de l’armée.

De fait, ce sont ces mêmes militaires qui sont accusés par les Nations unies d’épuration ethnique à l’encontre des Rohingyas. Si le pape a accepté de bouleverser son programme pour les recevoir - c’est une marque de considération - le pontife ne s’est pas privé, courtoisement, mais fermement, de souligner qu’il y a des limites à l‘exercice du pouvoir.

Par Aymeric Pourbaix - Radio France Internationale - 27 novembre 2017