Ce pays de 68 millions d’habitants prévoit à cette fin de décarboner progressivement son secteur énergétique, en portant à 30% la part des filières renouvelables hors biomasse traditionnelle dans sa consommation d’énergie finale en 2036 (soit près du double de leur niveau en 2015)(1).

Dans cette étude en anglais, l’Agence internationale des énergies renouvelables (Irena) présente les moyens qu'elle juge nécessaires pour atteindre - voire dépasser - cet objectif, en développant les énergies renouvelables « modernes » dans différents domaines : production d’électricité, de chaleur, transports, etc. Selon les estimations de l’Irena, la part des énergies renouvelables pourrait être portée à 37% de la consommation d’énergie finale à l’horizon 2036 (scénario dit « Remap »), tout en réduisant la facture énergétique nationale et en bénéficiant d’externalités positives en matière d’environnement et de santé publique.

A l’heure actuelle, le mix énergétique thaïlandais reste toutefois très fortement dominé par les énergies fossiles. En 2016, le pétrole et le gaz naturel comptaient pour 82,8% de la consommation d’énergie primaire de la Thaïlande(2) et la production électrique nationale reposait encore à près de 89% sur le gaz et le charbon (principalement du lignite).

Selon le scénario de référence présenté par l’Irena (basé sur les politiques existantes), la demande d’énergie de la Thaïlande pourrait augmenter de 78% entre 2015 et 2036, portée par une forte croissance économique (estimée à 3,9% par an sur cette période). La consommation de charbon augmenterait en particulier de 160% dans ce scénario qui se traduirait par une forte augmentation des émissions de CO2 liées à l’énergie (+ 70% sur la période).

Dans son scénario « Remap », l’Irena envisage une trajectoire de développement alternative, basée sur le soutien au déploiement des énergies renouvelables. Ces dernières pourraient notamment compter pour 25% de la production électrique thaïlandaise en 2036 selon les estimations de l’Agence (contre 13% en 2015 et 18% dans le scénario de référence). C’est en matière de production de chaleur que la contribution des EnR pourrait être la plus forte selon l’Irena, principalement grâce à la biomasse.

En 2016, la consommation d'énergie primaire de la Thaïlande reposait à près de 97% sur les énergies fossiles selon le BP Statistical Review of World Energy.

Connaissance des Énergies / Irena - 28 novembre 2017