«La principale raison, c’est que j’ai participé à la défense de plusieurs prisonniers de conscience. Les autorités peuvent me détester pour cela», a commenté Vo An Don, avocat de la dissidente Nguyen Ngoc Nhu Quynh, une des critiques les plus acerbes du régime vietnamien, interrogé par l’AFP au téléphone.

Le Barreau a justifié cette décision cette semaine par le fait que Don a «abusé de sa liberté de parole» ou encore «donné des interviews à la presse étrangère avec des informations fabriquées de toutes pièces», justifie le journal d’Etat Thanh Nien.

Le Barreau, interrogé par l’AFP, n’était pas en mesure de commenter.

L’ONG Human Rights Watch a critiqué une brimade à caractère politique.

«Dans des affaires de premier plan, le Vietnam n’a pas hésité à harceler les avocats des accusés, mais cette fois cela va plus loin», a critiqué Phil Robertson, en charge des dossiers asiatiques à HRW.

Sans surprise, jeudi, l’appel demandant la libération de la dissidente défendue par Vo An Don jusqu’à peu a été rejeté, au terme d’un procès d’une demi-journée à Nha Trang, dans le sud du pays. L’accès, sous haute surveillance, en était interdit aux médias étrangers.

«La décision est injuste et biaisée», a commenté un autre membre de son équipe de défense, Ha Huy Son, interrogé par l’AFP.

Nguyen Ngoc Nhu Quynh, 38 ans, a été condamnée à dix ans de prison en juin pour propagande contre l’Etat, via ses publications sur Facebook sur la politique et l’environnement.

Mme Quynh est l’une des critiques les plus acerbes du régime de Hanoï, et sa libération a déjà été demandée par les Etats-Unis, le Royaume-Uni et l’Union européenne.

La fille de dix ans de celle qui est plus connue sous son surnom de Mother Mushroom («Mère champignon») avait écrit en octobre à Melania Trump, la Première dame des Etats-Unis, pour lui demander de faire pression sur les autorités vietnamiennes. Ce courrier avait été dénoncé par le régime communiste de Hanoï comme «non approprié».

Au Vietnam, les opposants sont fréquemment emprisonnés mais l’arrivée de nouveaux dirigeants l’an passé a encore durci la chasse aux voix discordantes.

Agence France Presse - 30 novembre 2017