Cette décision a été prise après que le Premier ministre cambodgien Samdech Techo Hun Sen avait averti que les membres de l’ancien CNRP qui avaient quitté le Cambodge pour la Thaïlande pourraient être rapatriés.

La Cour suprême du Cambodge a ordonné le 16 novembre la dissolution du CNRP et interdit ses 118 membres dirigeants d’activité politique pour cinq ans, à la suite d’une plainte du ministère de l’Intérieur accusant l’opposition d’avoir comploté avec des étrangers contre le gouvernement légal.

Au début du mois de septembre, Kem Sokha, président du CNRP, a été mis en examen pour « trahison et espionnage ». Depuis son arrestation, plus de la moitié de membres dirigeants du parti ont quitté le Cambodge.

Selon le Comité national électoral (CNE), les 55 sièges vacants de l’ancien CNRP à l’Assemblée nationale sont distribués conformément aux amendements de la loi sur les élections des membres de l’Assemblée nationale du Cambodge.

Agence Vietnamienne d'Information - 1 décembre 2017


La France appelle le Cambodge à reprendre le chemin de la démocratie

Le directeur Asie et Océanie du ministère français des affaires étrangères, de passage au Cambodge, a exprimé sa préoccupation par rapport à la situation politique actuelle dans le royaume.

Thierry Mathou, le directeur Asie et Océanie du quai d’Orsay, était présent au Cambodge les 27 et 28 novembre. A l’issue de sa visite, l’ambassade de France au Cambodge a publié un communiqué soulignant que la France était “préoccupée par la situation politique intérieure” après la dissolution du CNRP, le principal parti de l’opposition, l’arrestation de son président Kem Sokha et l’interdiction faite à 118 responsables de ce parti d’exercer toute activité politique pendant cinq ans. Selon l’exécutif cambodgien, le CNRP préparait une “révolution de couleur” avec le soutien des Etats-Unis.

Le directeur Asie et Océanie a appelé le Cambodge à “s’inscrire de nouveau dans le cadre d’un processus démocratique” et à ne pas entraver l’action des médias et ONG. Depuis la fin du mois d’août plusieurs ONG ont été interdites et leurs salariés expulsés, et certains médias - comme le Cambodia Daily et plusieurs radios - ont dû fermer.

Le Ministère français des Affaires étrangères a souligné que la fermeture du Cambodian Center for Human Rights, une des plus importantes ONG de défense des droits de l’homme du pays, “serait une nouvelle évolution considérée comme particulièrement négative”. Le Premier ministre Hun Sen a déclaré que cette organisation fondée en 2002 par Kem Sokha “doit être fermée” et a demandé au ministère de l’Intérieur de mener une enquête.

Lors de sa visite, Thierry Mathou a rencontré les autorités cambodgiennes ainsi que des représentants de l’opposition, de la société civile et de la communauté internationale.

Les chancelleries occidentales ont unanimement condamné la dissolution du CNRP. La Maison Blanche a mis fin au soutien financier américain pour l’organisation des prochaines élections et annoncé que des sanctions étaient à l’étude. Le Sénat américain a demandé que des sanctions ciblées soient prises à l’encontre de hauts responsables du gouvernement cambodgien. L’Union européenne a, quant à elle, rappelé que l’accord “tout sauf des armes”, qui permet au Cambodge d’avoir un accès préférentiel au marché européen, était conditionné au respect des droits de l’homme. Pour le moment, la France n’a pas pris de position publique au sujet de sanctions.

Le Japon, d’ordinaire peu loquace sur les questions politiques au Cambodge, a exprimé sa “préoccupation” par rapport aux récents événements politiques. La Chine, qui est désormais le premier partenaire commercial et pourvoyeur d’aide au développement du Cambodge, a pour sa part affirmé son soutien aux autorités.

Par Pierre Motin - Lepetitjournal.com - 30 novembre 2017