Cette défaillance judiciaire mènerait à une autre problématique, celle du genre, selon différentes organisations.

L'ONU a rendu public un rapport mettant en lumière les facteurs menant à un taux très faible de condamnation des agresseurs sexuels en Thaïlande et au Vietnam. Il s'agit de la 1ere étude comparative qui montre l'absence de progrès face aux violences sexuelles dans la région d'Asie du sud-est.

Le rapport a été publié mercredi 29 novembre à l'occasion d'une table-ronde organisée par l'ONU basée à Bangkok, « Le jugement du Viol : Comprendre la réponse du système judiciaire criminel à la violence sexuelle en Thaïlande et au Viet Nam ». Elle coïncidait avec la Journée Internationale pour l'élimination de la violence envers les Femmes qui a lieu chaque 25 novembre, pour laquelle de nombreuses associations organisent des évènements et campagnes de sensibilisation.

Parmi les raisons expliquant le manque d'aboutissement des poursuites judiciaires pour harcèlement sexuel, sont énoncés les stéréotypes, les arrangements informels, le mauvais traitement sensitif des victimes et la longue durée des procès.

En Thaïlande, ces barrières seraient expliquées par des pratiques et politiques sociétales, légales et institutionnelles ancrées dans le pays. Elles concernent les crimes sexuels ainsi que les comportements que les victimes sont censés devoir adopter, explique Anna-Karin Jatfors, directrice-adjointe régionale au Bureau de l'ONU pour les femmes de la région Asie et Pacifique dans le Bangkok Post. Les femmes victimes de violence sexuelle ne sont cependant pas les seules à être malmenées par le système judiciaire en Thaïlande, puisque les femmes activistes sont aussi régulièrement victimes de menaces ou bien mises en accusation.

179 femmes ont notamment fait face à un procès depuis le coup d’État de 2014, selon des statistiques révélées par l'ONG Protection International à l'occasion de la Journée internationale pour les femmes qui défendent les droits de l'Homme qui ont été publiée par le quotidien thaïlandais The Nation.

Angkana Neelpaijit, membre de la commission nationale des droits de l'Homme, explique que ces femmes activistes sont victimes de discriminations dues à leur genre, rapporte The Nation. Elle rejoint ici Anna-Karin Jatfors, qui estime que cette problématique du genre doit justement mieux être prise en compte par les institutions pour pouvoir offrir un système judiciaire plus juste aux victimes féminines.

Par L. Bourboulon - Lepetitjournal.com - 6 décembre 2017