"En réponse directe à une série de mesures antidémocratiques de la part du gouvernement du Cambodge", le département d'Etat américain a annoncé mercredi ces "restrictions de visas" qui concerneront également, dans certains cas, les membres de la famille des individus visés.

Interrogé par l'AFP sur l'identité des responsables concernés, notamment pour savoir si le Premier ministre Hun Sen est lui-même interdit d'accès aux Etats-Unis, le département d'Etat a refusé de répondre, au nom de la confidentialité en matière de visas.

La Cour suprême cambodgienne a décidé mi-novembre la dissolution du Parti du sauvetage national du Cambodge (CNRP), point d'orgue d'une longue série d'attaques orchestrées par l'homme fort du pays contre son seul adversaire crédible.

Début septembre, le parti avait déjà perdu son chef, Kem Sokha, inculpé pour "trahison et espionnage", des accusations passibles de 30 ans de prison.

"Nous appelons le gouvernement du Cambodge à changer d'attitude en autorisant à nouveau l'opposition politique, en libérant Kem Sokha et en permettant à la société civile et aux médias de reprendre leurs activités protégées par la Constitution", insiste le département d'Etat dans un communiqué.

Quelques heures après cette annonce, le porte-parole du gouvernement cambodgien Phay Siphan, a estimé que cela "allait avoir un impact sur les relations" entre les deux pays.

Mais aussi que cela risquait d'"endommager" la démocratie cambodgienne.

Minimisant cette décision, Sok Eysan, le porte-parole du parti de Hun Sen, a déclaré que "ce n'était pas un problème" si les Cambodgiens ne pouvaient pas se rendre aux Etats-Unis.

La tension est, depuis des mois, très forte dans ce pays d'Asie du Sud-Est, dirigé depuis 32 ans par Hun Sen que les défenseurs des droits de l'homme accuse de vouloir faire place nette avant des législatives cruciales en juillet 2018.

Le gouvernement de Hun Sen qui est un habitué de la rhétorique anti-américaine, accuse depuis des années Washington de soutenir l'opposition au Cambodge.

Le Cambodge, qui est devenu ces dernières années l'une des économies les plus dynamiques de la région, s'est fortement rapproché de son puissant voisin chinois.

Agence France Presse - 7 décembre 2017