Près d'une tonne de défenses d'éléphants ont été saisies au Cambodge, une des voies d'entrée vers l'Asie de l'ivoire trafiqué depuis l'Afrique. L'annonce de cette prise a été faite par le parquet cambodgien le 6 décembre 2017.

Une cargaison destinée à "un pays tiers"

"Certaines des pièces d'ivoire étaient coupées en morceaux pour pouvoir être dissimulées au milieu d'une cargaison de bois", a déclaré à l'AFP Lim Bun Heng, vice-procureur de la province de Preah Sihanouk, dans le sud du Cambodge. Au total, ce sont 279 morceaux de défense qui ont été découverts, pour un poids de 940 kilos. La cargaison, importée de Côte d'Ivoire par une société basée au Mozambique, était "destinée à un pays tiers", a précisé le vice-procureur, sans mettre en cause la Chine. Mais il est connu que l'important port commercial de Sihanoukville - le plus grand du Cambodge - est la principale voie d'accès vers ce pays d'Asie du Sud-Est et donc de son voisin chinois, grand consommateur d'ivoire.

"Quand les conteneurs sont arrivés dans le port, nous avons identifié des objets suspects au scanner. Nous avons demandé au propriétaire de la compagnie d'ouvrir les conteneurs, mais personne ne s'est présenté", a précisé Lim Bun Heng. Cette absence de réponse, et la procédure administrative qui s'en est suivie, expliquent le délai d'ouverture du conteneur, arrivé en décembre 2016, a assuré le vice-procureur.

Deux affaires qui pourraient être liées

Par ailleurs, le même mois, les autorités cambodgiennes avaient saisi 1,3 tonne d'ivoire dans une cargaison de bois venant du Mozambique, près de Phnom Penh. A l'époque, les autorités cambodgiennes avaient clairement indiqué que la cargaison était destinée à la Chine. Pour le parquet, ces deux affaires pourraient être liées, l'implication du Mozambique et la technique de dissimulation étant communes.

Ces saisies mettent en lumière le rôle clé du Cambodge dans un trafic lucratif, désastreux pour l'écologie, alimenté au premier chef par la demande chinoise. Les écologistes estiment même que le Cambodge, pays pauvre réputé pour la corruption des autorités, est devenu une voie de passage majeure pour l'ivoire africain ces dernières années.

Sciences et Avenir avec Agence France Presse - 6 décembre 2017