Plus d'une dizaine d'organisations humanitaires dont Save the Children et Oxfam se sont déclarées "préoccupées" par des annonces récentes sur le lancement dans deux mois d'un programme de rapatriement en Birmanie des Rohingyas.

Après avoir signé le 23 novembre un accord sur le retour en Birmanie de réfugiés passés au Bangladesh, où plus de 620.000 Rohingyas ont afflué depuis fin août, les autorités bangladaises ont indiqué que les réfugiés seraient dans un premier temps hébergés dans des camps temporaires dans l'Etat Rakhine.

Cette annonce a suscité les craintes que ces réfugiés ne soient confrontés au même type de situation qu'en 2012, lorsque plus de 100.000 Rohingyas s'étaient retrouvés entassés dans des camps sordides dans l'Etat Rakhine après avoir été déplacés à la suite d'une vague de violences.

"Il ne devrait y avoir aucune forme de camps fermés ou de lotissements semblables à des camps. Les ONG ne travailleront pas dans de tels camps s'ils étaient mis en place", ont déclaré ces ONG, soulignant que les retours devraient être volontaires.

Des réfugiés continuent de franchir la frontière, a indiqué vendredi le Haut commissariat de l'ONU pour les réfugiés, estimant que la paix doit être assurée avant la mise en oeuvre de tout programme de rapatriement.

Agence France Presse - 9 décembre 2017


L'Onu met en garde contre un retour prématuré des Rohingyas

Le Haut-Commissariat aux réfugiés des Nations unies (HCR) a mis en garde vendredi contre un retour en Birmanie des Rohingyas réfugiés au Bangladesh avant que la situation ne soit pacifiée dans l'Etat d'Arakan, d'où ils ont fui la répression de l'armée birmane.

"Il est essentiel que les retours ne soient pas précipités ou prématurés", a déclaré le porte-parole du HCR, Adrian Edwards, pendant une conférence de presse à Genève.

"On ne peut pas renvoyer des gens dans l'Etat d'Arakan dans des conditions qui ne sont pas viables", a-t-il souligné.

Près de 650.000 Rohingyas, une minorité musulmane apatride, ont fui cet Etat de la côte ouest de la Birmanie depuis que l'armée a brutalement écrasé une insurrection séparatiste fin août.

Les Nations unies et les Etats-Unis ont dénoncé de multiples exactions des militaires birmans contre la population civile et accusé les autorités de s'être rendues complices d'un nettoyage ethnique.

Quelque 20.000 Rohingyas ont encore franchi la frontière avec le Bangladesh en novembre et un peu moins de 300 depuis le début du mois, selon les données du HCR et de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM).

La Birmanie et le Bangladesh ont signé le mois dernier un accord ouvrant théoriquement la porte au retour, dans un délai de deux mois, des réfugiés qui pourront prouver qu'ils vivaient en Arakan auparavant.

L'Onu avait prévenu à cette occasion qu'un tel accord ne pourrait être mis en oeuvre qu'à condition que les normes internationales sur le rapatriement volontaire, qui prévoient notamment la sécurité des personnes concernées, soit pleinement respectées.

Par Stéphanie Nebehay - Reuters - 8 décembre 2017