Pourtant, cette baisse n'est pas homogène sur l'ensemble du pays. En effet, ce sont surtout les zones sans conflits qui sont affectées par cette baisse. Les zones de conflits demeurent quant à elles des paradis pour les cultivateurs d'opium. Si on regarde de plus près les chiffres donnés par l'ONU, la baisse est surtout visible à l'est et au sud de l'état Shan, avec respectivement 37% et 29% de surfaces de cultures d'opium en moins.

Le rapport de l'ONU pointe également la bonne volonté birmane dans la lutte contre l'opium. L'organisation internationale se dit prête à aider le pays dans ses efforts en participant au financement de programmes visant à trouver une alternative durable à la culture d'opium. Malgré tout, la corrélation entre conflits et persistance de l'opium n'est pas à écarter. Selon l'ONU, tant que l'instabilité demeurera dans certaines zones du pays, les conditions resteront favorables à la culture de l'opium.

Pourtant, la paix n'est pas la seule raison au déclin de l'opium. Son prix est effectivement en train de chuter depuis plusieurs années. Elle est, avec l'héroïne, de moins en moins consommée, tandis que les drogues synthétiques comme la méthamphétamine deviennent de plus en plus populaires en Asie. La Birmanie reste tout de même le deuxième producteur mondial d'opium derrière l'Afghanistan. Le ministre de l'Intérieur birman a d'ailleurs fait remarquer qu'il restait beaucoup à faire pour débarrasser les agriculteurs de leur dépendance à la production d'opium.

Lepetitjournal.com - 10 décembre 2017