Le Parlement européen a appelé jeudi les autorités vietnamiennes à libérer « immédiatement et sans condition » le blogueur Nguyen Van Hoa, condamné fin novembre à sept ans de prison pour avoir dénoncé les problèmes environnementaux au Vietnam.

L’internaute âgé de 22 ans, qui a notamment dénoncé publiquement, sur sa page Facebook, une importante pollution marine par un groupe taïwanais en 2016, n’a fait qu'« exercer son droit à la liberté d’expression », ont souligné les eurodéputés dans une résolution adoptée à Strasbourg.

Les eurodéputés interpellent Hanoï

Les autorités de Hanoï ont une « approche de plus en plus restrictive » en matière de liberté d’expression, qu’elles répriment via le « harcèlement physique et psychologique », des « assignations à résidence extrajudiciaires » ou des « pressions » exercées sur « les avocats, les employeurs, les logeurs et les membres de la famille des militants », a encore dénoncé le Parlement européen.

Les eurodéputés ont demandé à Hanoï de « modifier certains articles de son Code pénal », notamment l’article 88 qui réprime la « diffusion de propagande contre l’État socialiste », et qui a été utilisé pour sanctionner Nguyen Van Hoa.

Les « préoccupations de sécurité nationale » ne doivent pas être « utilisées comme prétexte pour supprimer les droits de l’homme, y compris la liberté d’expression », a souligné le Parlement.

Difficile d'être opposant au Vietnam

Au moins 15 opposants ont été arrêtés depuis janvier au Vietnam, selon Amnesty International. Plusieurs lourdes peines de prison ont également été prononcées.

Au Vietnam, les opposants sont fréquemment emprisonnés, mais l’arrivée de nouveaux dirigeants l’an passé a encore durci la chasse aux voix discordantes.

Ouest France avec Agence France Presse - 14 décembre 2017