Lau Hon Meng, de Singapour, et Mok Choy Lin, de Malaisie, qui étaient en reportage pour TRT, la télévision publique turque, avaient été condamnés en novembre à deux mois de prison aux côtés d’un journaliste birman et d’un chauffeur qui travaillaient avec eux. Ils risquaient un nouveau procès pour avoir enfreint les lois sur l’importation mais la police a abandonné ces charges supplémentaires « car les accusés n’ont pas compromis la sécurité de l’État », a expliqué à l’AFP Khin Maung Zaw, l’un de leurs avocats.

« Les perspectives sont bonnes », a confirmé Aung Myo Kyaw, avant la prochaine audience prévue jeudi, durant laquelle le juge devrait abandonner toutes les poursuites. Les journalistes devraient donc être libérés début janvier après avoir purgé leur peine initiale de deux mois.

Les relations entre la Turquie et la Birmanie sont extrêmement tendues depuis plusieurs mois. Ankara fustige le traitement que font subir les autorités de ce pays d’Asie du sud-est aux Rohingyas, une minorité musulmane dont l’Onu estime qu’elle est victime d’une épuration ethnique.

La crise dans l’État de Rakhine a récemment conduit à l’arrestation de deux autres journalistes travaillant pour l’agence Reuters. Inculpés en vertu d’une loi datant de l’époque coloniale pour détention de documents relatifs aux forces de sécurité en État Rakhine, ces derniers n’ont pas été vus depuis deux semaines.

Pour les défenseurs des droits de l’Homme, ces deux affaires soulignent un retour en arrière en matière de liberté de la presse dans un pays dirigé par l’ex-icône de la démocratie Aung San Suu Kyi. En 2017, au moins 11 journalistes ont été arrêtés dans l’exercice de leur travail.

Agence Belga - 26 décembre 2017