La police avait demandé deux semaines supplémentaires pour poursuivre son enquête. Les reporters ont été arrêtés le 12 décembre pour détention de documents concernant les opérations militaires dans l’Etat d’Arakan contre la minorité musulmane des rohingyas.

« Les interrogatoires continuent », a expliqué la justice ce mercredi matin, après l’annonce du renvoi en détention préventive des deux journalistes birmans. Une déclaration faite au cours d’une audience pendant laquelle ils ont pu voir leur famille et leurs avocats pour la première fois depuis leur arrestation.

Les reporters étaient détenus dans un lieu gardé secret. Ils ont déclaré à l’entrée du tribunal ne pas avoir été maltraités et n’avoir rien fait de mal. « Dites à tous les journalistes d’être très prudents », a ajouté l’un d’entre eux.

Les deux hommes ont été arrêtés au nom de la loi sur le secret d’Etat. Le 12 décembre dernier, ils sont invités à diner par des responsables de la police. C’est ensuite qu’ils ont été interpellés avec entre leurs mains, selon le ministère de l’Information birman, des documents « obtenus illégalement dans le but de les partager avec un média étranger ». Des documents liés aux opérations des forces de sécurité dans l’Etat d’Arakan, à l’ouest du pays, là où a eu lieu la répression militaire contre les Rohingyas.

Les reporters risquent jusqu’à 14 ans de prison. Un nouveau signe de la fragilité de la liberté de la presse dans le pays. En 2017, près de 11 journalistes ont été arrêtés par la police birmane.

Par Eliza Hunt - Radio France Internationale - 27 décembre 2017