A l'instar de la Corée du Sud et de la Chine, une telle croissance sera "difficile à maintenir" en 2018, selon la Banque mondiale.

Du jamais vu depuis dix ans. Le Vietnam a enregistré en 2017 sa plus forte croissance des dix dernières années à 6,81%. Le pays communiste, qui est l'une des économies les plus performantes de la région ces dernières années, est parvenu à faire légèrement mieux que ses prévisions (6,7%) grâce à des exportations en plein essor malgré un premier trimestre décevant.

"Le rebond de la production agricole et le développement du secteur aquaculture sont les principales raisons de la croissance", a expliqué à la presse Nguyen Bich Lam, responsable du département général des statistiques.

Au total, les exportations ont été également portées par les produits fabriqués à bon marché comme les téléphones Samsung et les chaussures Nike, ont fait un bond de 21% par rapport à 2016.

Une croissance difficile à maintenir en 2018

Toutefois, pour Sebastian Eckardt, représentant de la Banque mondiale au Vietnam, "la croissance est si élevée cette année, qu'il sera difficile de la maintenir à ce niveau l'an prochain". Le Vietnam n'est pas le seul pays dans ce cas de figure. La Corée du Sud, quatrième puissance économique asiatique, anticipe également une croissance ralentie en 2018 dû à la modération attendue des investissements et la diminution accélérée de la population active. En effet, le gouvernement sud-coréen a annoncé ce mercredi un léger repli de la croissance à quelque 3% en 2018 après une hausse prévue de 3,2% pour cette année. La Banque de Corée, légèrement plus pessimiste, table sur une hausse du PIB (produit intérieur brut) de 2,9%.

L'économie chinoise devrait aussi être marquée par une baisse de sa croissance l'année prochaine. Après avoir enregistré une croissance de 6,7% en 2016 - sa plus faible performance depuis 26 ans - Pékin tablait en octobre dernier sur une croissance de 6,5% pour 2017. Le FMI (Fonds monétaire international) prévoyait une croissance semblable pour la Chine en 2018 dans un rapport publié en octobre dernier.

Réduire sa dette publique

Pour la banque mondiale, la croissance du Vietnam devrait cependant rester supérieure à 6% en 2018, et se situer autour de 6,5%. Malgré cette économie florissante, Hanoï ne parvient pas à réduire sa dette publique dans un pays à deux vitesses, avec d'un côté un secteur privé florissant et de l'autre des entreprises publiques (qui représentaient encore en 2015 un tiers du produit intérieur brut du pays) peu performantes.

Le régime communiste s'est donc lancé dans un vaste programme d'ouverture du capital d'une partie des mastodontes publics : cela a concerné plus de 500 entreprises d'Etat entre 2011 et 2015. Selon les analystes, ce mouvement de privatisation est essentiel pour maintenir la croissance forte que connaît le pays ces dernières années.

La Tribune - 27 décembre 2017